Affiche du film  Me and Earl and the Dying Girl
© 20th Century Fox

Me and Earl and the Dying Girl

Version originale en anglais
17 juin 2015

Sceau Sundance

Photo Par Martin Gignac

Le festival de Sundance a toujours été un endroit qui a publicisé les meilleurs films américains indépendants, qu'il s'agisse de Whiplash, Beasts of the Southern Wild et Winter's Bone. Me and Earl and the Dying Girl a lui aussi remporté les plus grands honneurs cette année, ce qui n'en fait pas nécessairement une oeuvre inestimable.

Autant ce long métrage universel est gentil et sympathique tout plein, autant il semble suivre et reproduire la fameuse formule "Sundance" pour plaire. Celle qui inclut une mise en scène suffisamment subversive qui sort des sentiers battus, mais pas trop, une musique soignée, un traitement positif et parsemé d'espoir et des interprètes peu connus qui sont charismatiques à souhait. Un sceau de qualité qui tend à être mécanique malgré la sincérité de l'effort.

Il semble pourtant difficile de ne pas aimer Me and Earl and the Dying Girl, cette histoire touchante d'un adolescent un peu perdu (Thomas Mann) qui, en compagnie de son ami Earl (R.J. Cyler), décide de réaliser un court film pour une camarade de classe malade (Olivia Cooke). Il y a les bons sentiments qui ne sont pas trop envahissants, un désir de faire pleurer qui est tout de même moins malhonnête que dans The Fault in Our Stars et un discours enveloppant sur les beaux lendemains où l'humour et la tendresse se succèdent tour à tour. On pense ici au rigolo 50/50, en beaucoup moins marquant.

Tout ça est bien mignon, cela n'en demeure pas moins inconséquent et assez manipulateur. Le cinéaste Alfonso Gomez-Rejon (qui a déjà travaillé avec Inarritu et qui a accouché par le passé de l'ingénieux suspense horrifique The Town That Dreaded Sundown) a beau offrir le flafla nécessaire au niveau de sa réalisation en puisant dans l'animation, son recours à la narration ne provoque pas l'effet escompté. Au contraire, son désir de surprendre à tout prix se retourne contre lui, sabotant un peu l'impact de la conclusion.

Il aurait dû avoir davantage confiance en ses interprètes qui livrent de solides prestations au lieu de verser dans la surenchère. À l'instar du très réussi The Perks of Being a Wallflower, le trio en place est d'une solidité à toute épreuve, explorant allègrement cette zone floue entre l'amour et l'amitié. Thomas Mann saisit cette partition subtile du héros légèrement torturé et il est toujours juste, créant son lot de flammèches avec la rafraîchissante Olivia Cooke.

De nature bon chic bon genre qui est conçu pour le plus grand nombre de gens possibles qui ne s'embarassent pas trop de l'originalité et de la profondeur psychologique, Me and Earl and the Dying Girl fait l'effet d'un potable amuse-bouche. Rien de plus et rien de moins. Celui qui ouvre l'appétit et qui donne le goût de voir et revoir tous les grands opus auxquels il fait référence: Les 400 coups, Vertigo, le travail nécessaire de Werner Herzog, etc. Si c'est pour allumer des esprits et les initier aux classiques du septième art, on est prêt à fermer les yeux sur son caractère conventionnel et opportuniste.

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Photo Martin Gignac

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