Affiche du film Max et les Maximonstres
© Warner Bros. Canada

Max et les Maximonstres

Version en français
v.o.a. : Where the Wild Things Are
15 octobre 2009

Le petit roi

Photo Par Karl Filion

Vrai que de la part de Spike Jonze, on s'attendait à mieux. Vrai aussi que les ambitions de Max et les Maximonstres ne sont pas à la hauteur de ses possibilités, qui étaient presque infinies. Le facteur d'attendrissement exponentiel et le sérieux qu'on était en droit d'espérer promettaient beaucoup, sans doute trop. Au lieu d'être inoubliable, le film s'avère être fort inégal, hybride, puisqu'il ne s'adresse ni aux enfants, ni aux adultes. On s'interroge encore sur ses intentions. En fait, on se désole du peu de l'inspiration véritable qu'il propose timidement à un public qui ne saura pas où chercher.

Un soir où il n'a pas été très sage, Max, un jeune garçon très créatif, s'enfuit de chez lui. S'embarquant sur un petit bateau, bravant la tempête, il se retrouve sur une île peuplée de créatures exotiques parlantes à la recherche d'un roi. Lorsque Max est choisi, il promet de rendre tout le monde heureux. Mais cette tâche s'avère finalement bien plus difficile que prévu, au grand désespoir de Carol, une des créatures qui plaçait beaucoup d'espoir en Max.

Dès le départ, l'esthétique « fait à la main » qui plait tant, autant chez Michel Gondry que chez Jonze, séduit. Pendant plusieurs minutes, la magie fonctionne merveilleusement (ou le merveilleux fonctionne magiquement, c'est pareil), et on sait que ce ne seront pas des problèmes de réalisme ou de crédibilité qui mineront le long métrage. Ces créatures, tirées de l'imagination du jeune garçon, sont délicieuses lorsqu'on prend le temps d'installer la relation intime qu'ils partagent avec Max, incarné par un jeune comédien fort compétent qui séduit, lui aussi.

Or, l'apparente tendresse avec laquelle on a traité cet enfant - qui est un vrai petit garçon, pas une simple caricature - ne suffit bientôt plus, et on commence à sentir les faiblesses du scénario et de la montée dramatique presque inexistante de son aventure, qui est en plus limitée niveau philosophique.

Et lorsque le film devient une simple démonstration du savoir-faire de créateurs en effets spéciaux, on se sent trahi. Que retiendra-t-on de cette aventure sinon qu'il fallait absolument qu'elle se termine? Quels en sont les enjeux, qu'apprendra le personnage sur lui-même qui changera sa vie? Déception partagée, aurait-on envie de répondre. Le film n'est jamais puéril, heureusement, mais il est enfantin. Cela fonctionne, un certain temps. Mais les drames que vivent les « créatures » sont anodins.

Une analyse psychanalytique (ou une suite, tiens) permettrait probablement de dégager des qualités à Max et les Maximonstres. Mais ce n'est pas comme ça que le cinéma se vit. Il se vit dans l'immédiat, « sur le champ! », avec autorité et conviction. L'étrangeté est un stimulus supplémentaire lorsqu'on a l'impression d'avoir accès à une vérité transcendante. Le « soleil » du film se proposait d'éclairer cette vérité; il n'y parvient pas. On a beau chercher, ouvrir ses yeux et ses oreilles, espérer, on ne trouve rien. Narrativement, le film souffre de plusieurs relâchements qui empêchent l'installation d'une ambiance digne de lui. Et puis l'enfance, c'est bien, ça permet de vivre des expériences et d'apprendre des choses pour la vie d'adulte. De jouer, aussi, c'est important. Mais qu'en reste-t-il, après?

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Photo Karl Filion

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