Affiche du film  Mauvaises intentions
© Sony Pictures

Mauvaises intentions

Version en français
v.o.a. : No Good Deed
12 septembre 2014

Strong Black Woman Who Don't Need No Man

Photo Par Karl Filion

Ce n'est peut-être pas clair lorsqu'on voit la bande-annonce - et franchement ça ne m'avait même pas traversé l'esprit avant de voir le film - mais No Good Deed est un film qui a un public cible très spécifique, et qui le flagorne. On croyait avoir affaire à un thriller relativement conventionnel, mais rapidement, on comprend la manigance. C'est racoleur et ultra-prévisible, bien sûr. La femme gifle le méchant homme qui ne la traite pas correctement. Ça lui apprendra. Go Girl! On sait que ça criera de satisfaction dans les salles. Cela semblait circonstanciel que les personnages soient noirs, surtout vu le talent des acteurs en présence, mais non; ce lourd sous-texte ne cesse d'affliger le film, dont les moralités s'entremêlent, et pas pour le mieux.

Dans un premier temps, le long métrage de Sam Miller se propose d'être un thriller d'invasion domestique. Les personnages en présence sont assez intéressants, le contexte suffisamment inquiétant et même la mise en scène impressionne. Jusque là, No Good Deed s'en tire étonnamment bien, la tension étant habilement étirée par diverses manipulations habiles qui rendent le tout un peu plus consistant (le film ne fait que 84 minutes, et il ne s'y passe pas grande chose en vérité), et les deux acteurs principaux étant solides malgré tout. À ce moment, le film fonctionne parce qu'il promet une résolution, qu'il invente un mystère, une révélation à venir qui expliquera tout. Évidemment, lorsque ce mystère est dévoilé, plus rien ne fonctionne, plus rien n'a de sens et toute cette tension paraît injustifiée. Tout ça pour ça?

Le « punch », c'est peut-être que No Good Deed s'adresse en réalité aux « Strong Black Woman Who Don't Need No Man », ces femmes afros-américaines indépendantes qui n'ont pas besoin d'un homme pour être heureuses. Ces superhéroïnes qui combinent une carrière prometteuse (peut-être mise en veilleuse par la maternité), qui s'occupent d'ailleurs en permanence des enfants, épuisées et délaissées par leur mari (qui, lui, cache sûrement quelque chose, alors qu'elles, même tentées, ne succombent pas). No Good Deed n'en laisse rien paraître avec son introduction judiciaire de thriller, mais bientôt l'éditorial se révèle et l'intensité disparaît sous tous ces clichés.

Opportunité ratée. Pourquoi des personnages noirs ne pourraient-ils pas vivre des récits qui n'impliquent pas qu'ils soient nécessairement noirs? Pourquoi ne pourrait-on pas choisir des acteurs parce qu'ils sont talentueux (et c'est le cas de ces deux-là, Idris Elba et Taraji P. Henson) plutôt que pour la couleur de leur peau? On pensait que No Good Deed allait dans ce sens, apparemment révolutionnaire, mais il rate lui aussi l'occasion.

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Photo Karl Filion

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