Affiche du film  Martha Marcy May Marlene
© 20th Century Fox

Martha Marcy May Marlene

Version originale en anglais avec sous-titres en français
v.o.a. : Martha Marcy May Marlene
2 novembre 2011

Bien joué, Marcy May

Photo Par Karl Filion

Martha Marcy May Marlene est un film de qualité. Ce n'est pas une conclusion, c'est un fait, qui est assurément vérifiable (au-delà des « j'aime » et « j'aime pas ») et qui devrait faire l'unanimité. Ce qui ne la fera pas, cependant, c'est la valeur (et la simplicité) du dilemme moral (facile de cerner les méchants dans cette histoire) et la complexité de l'exploration psychologique (inégale).

Car autant les qualités techniques et artistiques de « ce film » sont évidentes, parfois souvent même utiles au récit et aux émotions, autant le scénario, derrière une complexité un peu plaquée, va bien plus loin que les drames psychologiques habituels. Pourtant, il y a dans cette manière de bousculer le confort bourgeois des hôtes de Martha/Marcy May un réquisitoire un peu vain, qui fait dévier le récit de sa richesse principale. L'histoire de Martha Marcy May Marlene (très beau titre) raconte la détresse psychologique d'une jeune femme qui vient de s'échapper d'une ferme auto-suffisante sectaire où les femmes étaient victimes d'abus et qui s'installe chez sa soeur.

Impossible de ne pas se ressentir la tension lors de scènes véritablement prenantes mettant en vedette John Hawkes dans le rôle du gourou. Son charisme et son pouvoir sur ses adeptes, à travers une insistante gentillesse, est crédible et puissant. Elizabeth Olsen (la soeur cadette des jumelles, oui oui) offre elle aussi une performance absolument sublime dans le rôle-titre, un rôle exigeant qui la laisse souvent vulnérable, mais jamais démunie. La grande qualité du film est là.

Le film ne va que très peu dans la psychologie complexe d'une secte comme celle dirigée par Patrick, mais n'hésite pas à la rendre vraiment maléfique. C'est-à-dire qu'au départ, on ressent, comme l'héroïne, la simplicité et la beauté de la communauté de la secte (voilà qui est véritablement intrigant). Mais évidemment, la morale oblige que cela ne dure pas : bientôt, des abus de toutes sortes surviennent, en plus d'un événement plus tragique qui va vraiment déclencher le dégoût de Martha/Marcy May pour sa communauté. C'est un truc un peu simple pour un film qui observe si profondément la psychologie de ses personnages que de polariser si simplement les émotions.

Et si le « raccord temporel » est certainement une des « bonnes idées » du cinéma, il est ici affreusement surutilisé, même jusqu'à en perdre toute sa puissance. On ne s'étonne plus de voir quel mouvement va déclencher ce retour-en-arrière vers les souvenirs de la protagoniste, vers un mouvement semblable qui s'est produit dans le passé et qui est simplement redondant, dans ce contexte.

Et détrompons-nous : la finale n'est pas seulement ouverte, elle est incomplète, en ce sens qu'elle ne laisse pas le soin au spectateur de replacer les morceaux, mais qu'elle l'empêche de tous les avoir. Pour un film qui a tout fait pour qu'on s'attache à son héroïne, c'est une manoeuvre risquée, qui ne fonctionne pas dans ce contexte particulier. Dommage, car on voit sans arrêt les qualités de ce film ressortir, entre les prestations des acteurs et la réalisation pénétrante de Durkin.

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Photo Karl Filion

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