Affiche du film Ma sorcière bien-aimée
© Sony Pictures

Ma sorcière bien-aimée

Version en français
v.o.a. : Bewitched
28 juillet 2005

De la poudre aux yeux

Photo Par Karl Filion
La narcissique Hollywood décide de se représenter (encore…) dans un film sur la série des années soixante Ma sorcière bien-aimée. Tous les éléments sont réunis pour faire de cette comédie romantique un succès : la nostalgie d'une série-culte, Nicole Kidman, un romantisme à l'eau de rose, quelques bons gags bien saupoudrés. Malheureusement, le mélange de tout ça n'est jamais vraiment convaincant, chaque élément sonnant faux tellement il est sur-utilisé.

La réalisatrice Nora Ephron, à quoi l'on doit – ou reproche, c'est selon - Sleepless in Seatle et You've Got Mail, récidive avec une comédie romantique tout ce qu'il y a de plus classique, avec juste assez de comédie et juste assez de romantisme pour bien plaire à tout le monde. Il va sans dire que le film ne choisit jamais vraiment une des deux voies, préférant balancer entre les deux jusqu'à la fin, si bien qu'on ne sait jamais s'il faut rire ou s'émouvoir des péripéties de notre sorcière préférée…enfin, bien-aimée.

Jack Wyatt est un acteur sur le déclin. Pour relancer sa carrière, il accepte de jouer dans une série télévisée, la reprise de Ma sorcière bien-aimée. Pour s'assurer d'avoir toute l'attention médiatique, il engage une inconnue pour incarner Samantha. Une inconnue dont il tombera évidemment amoureux, une inconnue qui est une vraie sorcière et qui essaie de devenir normale.

Après une introduction fort créative, Ma sorcière bien-aimée tombe dans le piège des plus fieffés stéréotypes. Le travail de la réalisatrice Ephron enchaîne les clichés, tout comme le scénario déficient. Un scénario qui se permet des raccourcis effrontés ; prétextant la magie pour reculer le temps et pour jouer dans les esprits, d'autant plus que le prétendu dilemme de la pauvre sorcière est rarement respecté, que ses pouvoirs semblent infinis et que personne ne se rend jamais compte de rien. Si l'existence de Isabel Bigalow (Kidman) paraît enlevante à première vue, la suite de ses aventures démontre peu d'inventivité : les soupers à la chandelle, les passions impromptues, les ruptures retentissantes et les retrouvailles braillardes sont de rigueur.

Le travail de Ephron, donc, cherche une raison d'être. La réalisatrice filme avec monotonie des rebondissements qui manquent déjà cruellement d'intérêt. On sent l'habitude ruiner la magie qui devrait se dégager de Ma sorcière bien-aimée.

Nicole Kidman semble s'amuser comme jamais dans un rôle rafraîchissant, hors de son registre habituel, qui illumine littéralement l'écran. Elle partage certainement sa bonne humeur, même si son interprétation devient parfois un peu cabotine. Elle reste néanmoins la bougie d'allumage, le seul intérêt de ce film qui a au moins le mérite d'exploiter toutes ses possibilités d'actrice. Will Ferrell joue les excentriques, comme toujours, en sautillant partout et en poussant des répliques idiotes, sauf que cette fois-ci le film se prête moins à ses folies. Pas très impressionnant. Michael Caine et Shirley McLaine s'affairent à bien divertir dans les temps morts, donnant au film un bon rythme, même s'il s'essouffle un peu vers la fin. Une finale qu'on voudrait magique, mais qui n'opère pas, à cause, surtout, de son incroyable prévisibilité.

Ma sorcière bien-aimée n'est pas complètement raté, surtout grâce à Nicole Kidman, mais n'est pas vraiment convaincant non plus. Au fond, la réalisatrice tente de jeter de la poudre aux yeux des spectateurs. Le moment sera probablement agréable à passer pour certain(e)s, mais terriblement pénible pour d'autres. Il faut dire que même une performance enjouée d'une actrice d'expérience ne rachète pas un scénario aussi faible, une réalisation si peu inspirée, et un romantisme tellement réchauffé et si peu convaincant.
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Photo Karl Filion

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