Affiche du film Ma fille, mon ange
© Alliance Atlantis Vivafilm

Ma fille, mon ange

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Ma fille, mon ange
14 février 2007

La première impression

Photo Par Karl Filion
Ma fille, mon ange serait certainement un très bon film sans cette fin abracadabrante qui vient tout gâcher : l'ambiance, la direction-photo, les performances inspirées des acteurs. Bon, peut-être pas tout gâcher, mais on s'en souviendra...

On parle souvent de la première impression, de son importance et de sa cruauté. C'était, pour Alexis Durand-Brault, ancien directeur-photo et réalisateur de publicités qui réalise un premier long-métrage, une opportunité en or d'en faire une bonne, même une grandiose avec ce premier film qui fera beaucoup parler de lui. Sauf qu'on a oublié ici qu'au-delà de la première impression, peut-être plus importante encore, existe la dernière impression. Celle qu'on laisse, celle sur laquelle on médite, celle qui occupera toutes les conversations de retour en voiture aux dépends de la direction-photo exceptionnelle, du jeu inspiré des acteurs et de la réalisation efficace d'un film pourtant bourré de qualités.

German Dagenais est attaché de presse au Parlement. Lorsque, en naviguant sur Internet, il apprend que sa fille Nathalie, qui poursuit des études en droit, sera la vedette d'un film pornographique diffusé en direct dans quatre jours, il se rend à Montréal pour tenter de la retrouver. Et il mettra tout en oeuvre pour découvrir où le tournage aura lieu, afin de l'empêcher.

Le scénario de Ma fille, mon ange n'a pas cru bon expliquer en détail ce qui pousse Nathalie, fille d'un attaché de presse de ministre, à tomber dans le monde du cybersexe. Pas de problème. On n'a pas besoin de tout savoir, on n'en est pas à un mystère près au cinéma. Mais on a malheureusement décidé de terminer une histoire qui s'auto-suffisait, et maladroitement en plus, comme on termine une blague qui n'a pas levé.
Étonnant, d'autant plus qu'on n'avait, à ce moment-là, pas du tout envie de rire et que le film avait levé. Le mot court que plusieurs fins ont été envisagées pour le film, et on a soudainement une folle envie de savoir de quoi elles retournaient. Il aurait fallu adopter la même attitude qu'avec Nathalie, ne pas se borner à tout expliquer à tout prix, laissait ouverte une finale où les possibilités étaient nombreuses, et les circonstances cohérentes. Le film avait même séduit par son flair et sa pudeur, par ses images et ses acteurs.

Alors que Karine Vanasse inspirait quelques craintes sur son sex-appeal, trop cérébral disait-on, on peut les déclarer nulles et non-avenues. Sa transformation est convaincante et crédible la plupart du temps. Michel Côté livre une performance d'une grande intensité et toujours crédible; la prestation des acteurs étant un des points forts de Ma fille, mon ange, parce qu'elle évite la plupart des clichés et des conventions, sans éviter quelques pointes de grandiloquence.

Ce sont rarement les bons moments dont on se souvient le plus longtemps. Dommage, parce que Ma fille, mon ange en regorge : la révélation de Laurence Leboeuf, criante de vérité, des plans aériens mangifiques, des dialogues vifs et précis. Son histoire se dévoile lentement, comme Karine Vanasse, et prend le temps qu'il faut pour rendre crédible le déroulement de l'histoire. Une prise de position sociale, même si voilée, est perceptible sans acharnement.

Dommage que la finale gâche tout - causant même quelques rires dans la salle - parce que l'intensité des acteurs et le discours social avaient jusque-là convaincu entièrement. Si toute bonne chose a une fin, celle-ci eut mieux fait n'en avoir pas.
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Photo Karl Filion

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