Affiche du film  Lui c'est moi
© Universal Pictures

Lui c'est moi

Version en français
v.o.a. : The Change-Up
5 août 2011

Tout en subtilité

Photo Par Karl Filion

The Change-Up commence avec du caca dans le visage. Dans la bouche aussi. Oui, oui, le personnage de Jason Bateman change la couche de son bébé, qui a un gaz et qui projette trois pieds plus loin du caca dans le visage de son père, puis un deuxième jet directement dans la bouche. C'est comme ça que The Change-Up commence, avec cette « blague » de mauvais goût, surutilisée, dégoûtante et même pas drôle. Que voulez-vous qu'on dise de plus? À partir de cette simple description, vous savez déjà si vous apprécierez The Change-Up.

Les choses s'améliorent légèrement par la suite, après qu'on ait subi le « passage obligé » d'un scénario assez peu original qui propose que deux individus que tout oppose (l'un est un avocat talentueux et père de famille, l'autre est un célibataire au chômage) échangent leurs corps et soient obligé de vivre la vie de l'autre pendant quelques jours. Et qu'ils apprennent évidemment plein de belles leçons sur la vie, sur les vraies valeurs et sur l'amour au passage. Sauf qu'il y a quand même des blagues de doigts dans le cul et de diarrhée en chemin. On dirait de l'humour pour bambins dans un film pour adultes.

C'est inexplicable cette fascination qu'ont les créateurs pour cet humour qui pue, alors que même une prémisse aussi peu originale que celle de The Change-Up permettait quand même d'espérer un humour plus audacieux (et du même souffle plus efficace). On aurait pu observer avec humour les habitudes et les travers d'hommes qui ont apparemment deux objectifs de vie différents. Ils ont aussi deux spectres de possibilités différents - les deux ont des objectifs qui correspondent à leur qualité principale, le corps ou le cerveau - mais cette psychologie des personnages ne semble pas intéresser les auteurs. Au final, tout le monde veut la même chose : une famille, de l'amour. On a déjà vu ça...

Ce n'est pas le talent de Jason Bateman pour la comédie ou la beauté plastique (et un peu fade) de Ryan Reynolds qui sont remis en cause; c'est ce qu'ils ont à dire et à faire, l'opposition si simpliste entre leurs deux mondes - un homme mal habillé et grossier dans une réunion d'avocats, est-ce si génial que ça? - et la morale bébête que le film propose qui déçoit. Heureusement, le film ne s'attarde pas trop dans sa finale conventionnelle et stéréotypée, ce qui permet de raccourcir un peu le supplice. Impossible de se souvenir pourquoi on a ri quelques fois.

The Change-Up rate une belle occasion de faire partie de ces comédies audacieuses et inventives qui nous sont offertes par les studios américains de plus en plus régulièrement depuis l'émergence de Judd Apatow. Mais l'humour scatologique semble être le dernier recours pour un film qui avait peur de ne pas être assez drôle, mais qui n'a pas voulu faire l'effort d'observation nécessaire à partir de sa proposition de départ. Une opportunité ratée, mais ratée de belle façon. Sans équivoque, sans ambiguïté, c'est vraiment, vraiment raté. Il n'y a rien à dire de plus. Mais si vous tenez absolument à en savoir plus, sélectionnez le texte.

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Photo Karl Filion

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