Affiche du film  Losers
© Warner Bros. Canada

Losers

Version en français
v.o.a. : The Losers
23 avril 2010

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

Photo Par Karl Filion

Un film d'action, ça commence toujours par une séquence d'action. C'est élémentaire; on présuppose que le public (impatient), va quitter presto si, dans la première minute, on a pas vu trois fusillades et deux explosions. On place donc les héros dans une situation périlleuse dès les premiers instants. Ce qui est aussi élémentaire, ce que le film vient de commencer, et qu'on attend toujours qu'un film ose tuer ses héros dès la première minute. Et qui sera étonné d'apprendre que dans Losers, c'est exactement comme d'habitude... Le niveau de danger n'a donc aucune importance.

Cinq soldats d'une unité d'élite de l'armée américaine se rendent en Bolivie pour une mission de routine. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu, et ils sont pris au piège par un dangereux milliardaire, Max, qui souhaite amorcer une guerre mondiale. Alors qu'on les croit morts, ils rentrent aux États-Unis grâce à une mercenaire qui a sur le coeur une revanche, et qui leur propose de tuer Max. Mais là encore, les choses ne se déroulent pas comme prévu.

En dehors de tous les questionnements logistiques qu'on pourrait (devrait) évoquer, Losers est un film profondément abrutissant. Oui, sa trame narrative est d'une simplicité déconcertante - si ce n'était que ça - et cela nuit grandement à l'installation d'un quelconque intérêt pour l'obligatoire confrontation finale. Cependant, la réalisation de Sylvain White, anonyme au mieux, recycle tous les clichés de ce genre de film en y ajoutant un facteur cool - la chance indécente des héros, leur timing impeccable - qui est pratiquement inassumé. En tout cas, pas assez drôle.

Il est de ma croyance profonde qu'il est possible de filmer de manière rigoureuse (et dynamique, et convaincante, et stimulante, et cinématographique) une scène d'action au cinéma. Cela dit, cela ne passe certainement pas par un montage épileptique, une caméra à l'épaule, des explosions invraisemblables et des ennemis à l'intelligence artificielle douteuse. Losers ne semble pas s'en être inquiété, et offre - comme tous les autres - du réchauffé. Rien pour étonner ou pour prendre au dépourvu. Ce sera pour une prochaine fois.

Les héros de films d'action, depuis le temps qu'ils sont là, méritent de meilleurs adversaires que cette bande de gardiens de sécurités grassouillets et débiles. Cela ferait du bien à tout le monde - les héros et les spectateurs - en relevant un peu le degré de difficulté. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. On en profite quand même pour prendre en note quelques leçons de vie : 1) si elle vous croit mort, votre femme enceinte va être très contente de vous revoir à l'accouchement; 2) il est toujours mieux de se battre avec une jolie femme avant de la baiser, comme ça si elle a quelque chose à vous reprocher après elle saura qui est le patron; et 3) ce n'est pas tellement important de savoir ce qu'on fait, personne ne va s'en rendre compte. À part les méchants critiques.

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Photo Karl Filion

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