Affiche du film  Les visiteurs : La révolution
© AZ Films

Les visiteurs : La révolution

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Les visiteurs : La révolution
8 avril 2016

Le mépris

Photo Par Martin Gignac

Le travail de critique de cinéma est le plus beau métier qui soit. Qui n'aimerait pas découvrir le dernier Star Wars ou le nouvel opus d'Apichatpong Weerasethakul avant tout le monde? Bien sûr, il y a toujours des navets qui se pointent le nez, mais quel emploi n'a pas ses défauts?

Même si sur papier, Les visiteurs: La révolution est une très mauvaise idée, que le second tome était pitoyable et le remake américain était indigeste, on laisse une chance au coureur. La version originale de 1993 (déjà 23 ans!) était souvent hilarante et on a rajouté plusieurs comédiens de l'immense succès - mérité - Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?.

Le studio et le distributeur ne semblent toutefois pas croire en leur film. Sorti à quelques jours d'intervalle en France et au Québec, le long métrage n'a pas été montré à la presse et les membres du quatrième pouvoir n'avaient pas accès à l'avant-première. Le matin de la première projection publique, tous les laissez-passer étaient refusés, même ceux de l'Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC).

Pourquoi empêcher les professionnels d'exercer leur métier? Cela ne prend pas cinq minutes après le début du générique pour le découvrir. Il s'agit d'une daube incommensurable. Une production médiocre d'une autre époque où tout sonne faux. Un ratage spectaculaire qui a dû coûter une fortune et qui ne fait jamais rire. À moins d'avoir un faible pour les blagues d'excréments et d'étrons, d'odeurs perfides et de conditions sanitaires quelconques.

On touche régulièrement le fond de la cuvette et les spectateurs présents ne savaient pas comment réagir. Pourquoi Christian Clavier qui a déjà été si drôle est devenu si fatigant et énervant? Où est Jean Reno qui fait de la figuration? Qu'est-ce que ça apporte aux talentueux Franck Dubosc, Karin Viard, Sylvie Testud, Frédérique Bell et autres Lorant Deutsch de participer à cette aventure grotesque si ce n'est que pour l'enlever de leur curriculum vitae par la suite?

Jean-Marie Poiré qui a réalisé les précédentes moutures est sorti de sa retraite 14 ans après Ma femme s'appelle Maurice et il est également dépassé par les événements. Sa mise en scène est inexistante, ses images hideuses et son montage illisible. Et on ne parle même pas du scénario qu'il a écrit avec Clavier tant il pourrait remplacer le papier de toilette bon marché. C'est pourtant le même cinéaste qui avait offert la comédie culte Le père Noël est une ordure.

Tout ce beau monde a perdu l'inspiration au même moment, souhaitant faire revivre une relique oubliée pour s'en mettre plein les poches. Pas surprenant alors que le récit se déroule pendant la Révolution française, lors de la Terreur. Ce n'est pas tant cette période de l'Histoire qui est abordée (comme dans les excellents Danton et Les adieux à la reine) que les clichés les plus éculés qui s'y attachent. De là à dire que cet épisode des Visiteurs représente cette (grande) Terreur est un pas que l'on peut aisément franchir.

Quelle "chance" qu'il y ait eu plus tôt dans l'année l'infâme Dirty Grandpa, car on parlerait ici du pire film de 2016.

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Photo Martin Gignac

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