Affiche du film  Les trois mousquetaires
© Alliance Vivafilm

Les trois mousquetaires

Version en français
v.o.a. : The Three Musketeers
19 octobre 2011

Bats-toi, aime et vis

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Pourquoi? Il y a tellement de bons romans qui feraient de superbes adaptations cinématographiques, tellement d'oeuvres originales qui sont écartées sans même être étudiées, tellement de séries télévisées ou de pièces de théâtre qui seraient magnifiquement reprises par des cinéastes inventifs qu'on ne peut qu'être subjugués de voir une nouvelle adaptation au grand écran de ce roman d'Alexandre Dumas - certes magnifique, mais tant de fois ressassé qu'il nous paraît maintenant vide d'originalité. Si l'adaptation en question possédait un intérêt particulier, si elle nous dévoilait un nouvel aspect de l'ouvrage original ou bénéficiait d'un traitement distrinctif, peut-être serions-nous aptes à pardonner la répétition, mais la bêtise est telle dans ce énième film qu'on ne peut que remâcher sans cesse ce fourbe « pourquoi ».

Paul W.S. Anderson semble avoir opté pour la comédie - vu l'aspect caricatural des différents personnages et leurs agissements contrefaits -, mais les véritables intentions du réalisateur restent nébuleuses. On sent qu'il a voulu insister sur l'effet grandiose de certaines batailles et l'élégance des costumes, mais tous ses efforts sont remis en doute par la surutilisation de l'écran vert, qui donne généralement un aspect plastique aux décors et paysages, la trame sonore ubiquiste et dirigée ainsi que par la futilité de la trame narrative et ses touches humoristiques douteuses. De présenter Louis XIII comme un enfant gâté qui croit que diriger un pays consiste à prévoir la couleur de la tenue de l'ennemi ou un D'Artagnan effronté qui donne des conseils amoureux au Roi de France n'a rien de burlesque ou d'anecdotique, c'est tout simplement pathétique.

Le complot qu'on nous propose dans ce film est aux limites de l'absurde; trois mousquetaires chevronnés vont au-devant d'une guerre massive en tentant de reprendre un collier qu'a volé une Trinity du 17e siècle pour faire passer le Roi de France pour un cocu. Encore ici on se demande si on doit rire ou pleurer. Pensait-on vraiment que cette histoire méritait tous ces millions et tout le talent de ces acteurs gâché. Christoph Waltz vaut mieux que ce Conte de Richelieu mou, malléable et peu crédible qu'il nous livre dans cet ixième The Three Musketeers et c'est sans parler de la performance limitée de Matthew MacFadyen et de Luke Evans, prisonniers de rôles hermétiques et prévisibles. Seule Juno Temple - qui personnifie la douce Reine Anne - semble avoir été bien choisie et engendre un minimum de sympathie de la part du public, rapidement désintéressé par les manigances d'une Milla Jovovich chancelante ou les diversions aberrantes d'un Logan Lerman trop débonnaire.

Évidemment, on nous sert également nombre de morales gaillardes sur l'importance de l'amitié, de l'amour, de la persévérance et de la justice. À la rigueur, nous pouvons accepter cet aspect sermonneur qui était partie intégrante de l'oeuvre originale, mais la boucle d'oreille stylée du Duc de Buckingham, les bateaux volants qui s'affrontent au coeur d'une tempête et les pirouettes injustifiées d'une agente double dépravée ex-copine d'Athos sont beaucoup plus difficiles à digérer.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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