Affiche du film  Les sacrifiés
© Les Films Équinoxe

Les sacrifiés

Version en français
v.o.a. : The Expendables
10 août 2010

Je t'aimerai toujours, mais...

Photo Par Karl Filion

L'étoile de Sylvester Stallone a pâli. Ses personnages mythiques ne sont plus ce qu'ils étaient dans les années 80. C'est un peu leur faute (Rocky Balboa, Rambo IV) et un peu la nôtre : on a vieilli, nous aussi. Et on en a vu d'autres, des films d'action virils, on en a connu d'autres, des héros aux muscles proéminents (certains étaient même pas trop idiots). The Expendables est un peu le témoin du temps qui passe, d'une époque révolue, et si l'autodérision dont il fait preuve est louable, elle ne suffit pas à faire oublier sa banalité. Un film d'action vintage et nostalgique, c'est quand même un film d'action, et ses défauts sont communs. Prévisibles, presque.

Barney Ross et ses acolytes, des mercenaires spécialisés dans les interventions musclées, acceptent de se rendre sur une petite île des Caraïbes où sévit un dictateur sans scrupules, le Général Garza. Sur place, Ross fait la rencontre d'une jeune femme déterminée à faire régner la démocratie sur l'île. Mais un Américain a pris le contrôle du dictateur, et libérer les habitants ne sera pas une tâche facile, même pour des spécialistes comme Ross et ses coéquipiers. L'un d'eux, qui a été exclu du groupe à cause de problèmes personnels, a d'ailleurs l'intention de se venger.

Aucune des vedettes de ce film n'a jamais été reconnue pour ses talents de comédien. Cela ne risque pas de changer, même si le film essaie de les faire bien paraître. Tour à tour, ils ont leur petit moment de gloire (un combat par-ci, une fusillade par-là). Pour ce faire cependant, le scénario a apparemment dû faire quelques entourloupettes, et son déroulement narratif en souffre grandement. La finale est même particulièrement consensuelle. Un petit revirement imprévisible du scénario aurait été le bienvenu. On sent que le scénario a été charcuté au montage; on dirait qu'on l'a exagérément simplifié afin, peut-être, de rapprocher les scènes d'action. On est là pour ça, pas vrai?

Heureusement, on gardera en mémoire cette scène d'anthologie où sont réunis Stallone, Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis, un véritable fantasme réalisé pour quiconque a vécu les années 80 au cinéma. Mais ce clin d'oeil ne sauve pas le film. Si Stallone avait voulu démontrer qu'il comprenait et qu'il savait ce qu'il faisait, il aurait pu commencer par mettre en scène des personnages moins stéréotypés. Dommage qu'un groupe d'acteurs si expérimenté n'ait pas cru bon faire preuve d'un peu d'audace. Là, le charme vintage se limite aux motos, à l'impressionnant arsenal et aux comédiens... C'est la virilité comme on la retrouve dans le dictionnaire, ni plus, ni moins.

The Expendables est un film d'action très simple, qui est fier de ses origines et qui répète les mêmes mauvaises habitudes d'une époque révolue. C'est un film au scénario insuffisant, aux interprétations déficientes, aux personnages caricaturaux qui n'a rien à offrir sinon le plaisir nostalgique de voir des vedettes de cinéma vieillissantes faire la seule chose qu'ils savent faire. Ils ne l'avoueront sans doute pas, mais The Expendables est presque une demande d'amour destinée au public. Ça aurait été quand même plus court (et moins cher) si Stallone s'était retourné vers la caméra pour demander directement : « M'aimez-vous encore? ».

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Photo Karl Filion

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