Affiche du film  Les sacrifiés 3
© Les Films Séville

Les sacrifiés 3

Version en français
v.o.a. : The Expendables 3
15 août 2014

Balles à l'infini

Photo Par Karl Filion

S'il y avait un charme vintage à voir les héros de l'âge d'or des films d'action d'Hollywood se réunir pour faire exploser des choses et vider leurs chargeurs (quoiqu'il semble, après réflexion, qu'il n'y ait aucun chargeur dans le film) sur des figurants, après deux films, on peut dire que l'idée a perdu pas mal tout son intérêt. Surtout que cet Expendables 3 triche un peu, reléguant les Jason Statham, Jet Li, Dolph Lundgren, Randy Couture, Terry Crews et Arnold Schwarzenegger à des rôles de figurants pour les remplacer par des plus jeunes - non moins figurants d'ailleurs - dans une suite assez peu inspirée de scènes d'action tellement prévisibles qu'elles ont un effet soporifique.

Même le fan d'action pure risque d'être déçu; les séquences explosives sont régulièrement entrecoupées de longs discours quasi absurdes sur divers sujets de philosophie de salle d'attente et elles ne semblent pas conscientes que le public regarde le film en 2014. Les revirements et stratagèmes sont donc tout droit sortis des années 80, sans qu'on soit véritablement à l'aise d'appeler ça un « hommage ». Disons plutôt que « faute de mieux »...

Comme il fallait s'y attendre, cette suite de caméos devient vite redondante, et une grande partie du film se passe en transit, en avion ou en auto, jusqu'à une confrontation finale qui n'a à peu près aucune idée originale. Les ajouts de Wesley Snipes, Antonio Banderas et Harrison Ford à la distribution emmènent un peu de fraîcheur, mais rien d'épique. Les jeunes, dont Kellan Lutz, n'impressionneront personne par leur charisme et leur jeu. La présence de Ronda Rousey s'avère assez réjouissante toutefois.

La performance de Mel Gibson, en méchant plus grand que nature, est assez agréable, surtout parce que c'est le seul qui évoque la contradiction d'un personnage qui va décimer une armée entière pour capturer un marchand d'armes accusé de... crimes de guerre. Disons que personne ici ne s'inquiète outre mesure de l'aspect « réflexion », pas même le réalisateur Patrick Hughes, dont le travail anonyme n'est pas à la hauteur. 

Trop violent pour les jeunes, trop soft pour les adultes, The Expendables 3 n'est conçu pour personne, surtout qu'il ne se démarque pas des films d'action du passé qui lui donnent sa raison d'être. Il faut aussi compter l'autodérision en moins (en ce sens, The Expendables 2 était et reste plus amusant), et comme si ce n'était pas assez, des effets spéciaux et écrans verts apparents qui n'ont rien à voir avec le « charme » des films d'action d'autrefois.

Merci à Sylvester Stallone de nous rappeler régulièrement ce que c'est que d'être un vrai homme, il y en a qui ont tendance à oublier. Bon bien c'est pas tout, je vous laisse, faut que j'aille m'acheter une bouteille de vin Ed Hardy, moi pis mes chums on va aller à l'Académie à Laval pis après peut-être faire de la motocross dans le pit de sable. See ya! * pssscht! son de canette de Red Bull*

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Photo Karl Filion

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