Affiche du film Les rois du surf
© Sony Pictures

Les rois du surf

Version en français
v.o.a. : Surf's Up
7 juin 2007

Équilibre sur planche

Photo Par Karl Filion
Les pingouins ne sont certainement pas l'idée la plus originale du film d'animation Les rois du surf. Depuis une certaine Marche de l'empereur, ils sont presque une valeur sûre quand vient le temps de s'adresser aux enfants, qui tombent immédiatement sous le charme de leur allure débonnaire et boute-en-train. Et disons aussi que le monde ensoleillé du surf est idéal pour passer quelques morales un peu trop appuyées.

Il y a Big Z, véritable légende du surf et idole de Cody Maverick, jeune passionné de ce sport, et il y a les autres. Depuis sa disparition, le rustre Tank Evans est le champion du monde incontesté. Mais quand Cody quitte son village natal en Antarctique pour participer à une compétition mondiale de surf, c'est pour le détrôner. Blessé lors d'un accident, il est sauvé par un ermite qui connaît bien le surf et qui pourrait donner quelques leçons au téméraire Cody.

Tourné sous la forme d'une télé-réalité documentaire, Les rois du surf a au moins cela d'original. En fait, c'est une très bonne idée - qui ne manquera pas d'être réutilisée... - qui permet au film de se distancer des blagues habituelles des films d'animation classiques. Et, pour cette raison, les adultes apprécieront les premiers cette aventure qui débute avec un humour habile et surprenant et plusieurs double-sens. Les personnages s'adressent directement à la caméra, ne manquent pas d'étaler leurs sentiments et de raconter avec support visuel - cette caméra est vraiment partout - les mésaventures comiques souvent efficaces. Et quand on intègre en plus l'équipe de tournage dans l'humour, en tuant le caméraman par exemple, cela fonctionne d'autant mieux que c'est inhabituel.

Après ce départ canon, le film devient malheureusement beaucoup trop didactique et moralisateur. Les enfants n'y voient que du feu, bien sûr, mais les sermons du type « ce n'est pas tout de gagner » et « il faut s'amuser d'abord », eux, ne sont pas aussi inhabituels et innovateurs que les gags précédents. Pas de quoi s'ennuyer, mais...

Le travail des doubleurs québécois est parfait pour ce type de film. Les voix de Benoît Brière, Mariloup Wolfe, Rachid Badouri, Hugolin Chevertte et Louis-Philippe Dandenault sont bien choisies, l'adaptation a un excellent niveau de réalisme et ne néglige pas trop les exigences de la langue parlée. Dans le cas d'un film pour enfants, le doublage revêt plus d'importance que jamais; pour que le message passe, il doit être fait sur mesure pour le public qui n'aurait rien compris des expressions françaises. Un travail exemplaire.

Dans l'ensemble, Les rois du surf offre un bon mélange entre l'original et l'infaillible, parce qu'il semble que les pingouins seront un bon filon pour encore quelques temps. Pour ce qui est des films pour enfants anthropomorphiques aux morales faciles et à l'animation renversante, il devrait y avoir assez de matériel pour encore plus longtemps. Tant qu'ils seront faits avec le même souci du public, pourquoi pas?
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Photo Karl Filion

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