Affiche du film  Les profs
© Axia Films

Les profs

Version originale en français
12 juin 2014

E-

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Les profs est probablement l'une des pires aberrations du cinéma français des dernières années. Même en plaidant que l'intérêt était probablement d'imiter Les sous-doués, datant du début des années 1980 (qui était parvenu à toucher un certain public, mais encore là!), on arrive jamais à pardonner cette bêtise agglomérée. Mais pourquoi cette monstruosité s'est-elle rendue jusque chez nous? Est-ce la faute de Raymond Bouchard? Est-ce qu'un acteur québécois dans un rôle de soutien dans un film français mérite qu'on le présente sur nos écrans, même si l'oeuvre en question est à ce point pitoyable? Évidemment, nous n'aurons probablement jamais la réponse, mais la question nous vient irrémédiablement à l'esprit quand on est forcé de supporter cette infamie.

Inspiré d'une bande-dessinée, Les profs tente un style caricatural et burlesque, mais ne peut faire mieux qu'une piètre absurdité. Des cabrioles ridicules, des dialogues loufoques et des situations insensées se succèdent pour former un tout indigeste. Les couleurs très vives et le sur-jeu étaient une ligne directrice intéressante pour une production clownesque de ce genre, mais l'ensemble n'a pas été suffisamment bien encadré pour générer quelque chose de potable. Ce qui aurait pu être original est rapidement devenu incompétent. Peut-être aussi que si l'humour avait été plus intelligent (ce qui ne signifie pas de faire des blagues intellectuelles, mais plutôt de trouver une uniformité et une cohérence globale), certaines inconséquences auraient pu être pardonnées, mais comme les blagues de couilles, de pet et de caca sur le visage se succèdent sans entendement, il nous est impossible d'être indulgent.

Tous les acteurs paraissent mal à l'aise dans ce carcan de sur-jeu. Ils tombent tous rapidement dans le ridicule et ne peuvent éviter l'humiliation. Ils sont déjà très peu crédibles dans leur rôle de professeurs incompétents et benêts, mais c'est une tout autre paire de manches lorsqu'ils essaient de faire passer un message de persévérance. Les comédiens qui interprètent les étudiants lâches du lycée ne livrent pas non plus des performances sensationnelles. Kev Adams, qui ne nous avait pas impressionnés dans Fiston, est encore une fois assez peu convaincant. Lui aussi doit interpréter la caricature d'un personnage - un adolescent dans ce cas-ci - et, comme les autres, il s'avère très peu pertinent.

Les profs est à éviter. Sans aucun doute possible, ce film est un échec monumental. On comprend ce qu'on a essayé de faire (et encore là, il faut faire des efforts substantiels pour arriver à saisir les bonnes intentions derrière ce cauchemar), mais on s'y est mal pris. Le burlesque est un style délicat dans lequel naviguer, et, visiblement, Pierre-François Martin-Laval n'est pas le capitaine expérimenté dont la production avait besoin pour éviter le naufrage. Les profs n'était pas arrivé à séduire la France l'an dernier (malgré ses presque quatre millions d'entrées) et, malgré la présence de Raymond Bouchard au générique, parions que le Québec saura aussi flairer l'échec.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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