Affiche du film Les pieds dans le vide
© TVA Films

Les pieds dans le vide

Version originale en français
11 août 2009

Sérieux?

Photo Par Karl Filion

Il sera sans doute assez difficile pour Mariloup Wolfe de s'affranchir de ces rôles dans les émissions-jeunesse ultra-populaires qui ont marqué les premières années de sa carrière. On sent dès les premières images de ce premier film le désir de casser l'image publique qui a marqué l'imaginaire de bien des adolescent(e)s en ajoutant maturité et profondeur à l'habillage visuel de ce premier film. On sent qu'on a envie de prendre le temps qu'il faut, voilà qui est bien pensé. Pourtant, Les pieds dans le vide est un film inégal, qui comporte autant de qualités que de maladresses, et qui s'inscrit dans une conception très « grand public » du cinéma. Peut-être un peu trop.

Charles, propriétaire d'un centre de parachutisme, s'adonne à son passe-temps préféré avec ses amis Raf et Manu. Cette dernière, qui doit composer avec le cancer qui frappe sa mère, trouve un certain réconfort dans les bras de Charles. Rafaël, qui caresse le rêve de devenir pilote, s'entiche lui aussi de Manu, ce qui met en danger la relation entre les trois amis. Les choses empirent lorsque Raf apprend qu'il ne pourra réaliser son rêve. Défiant la mort, ce dernier met non seulement sa vie en danger mais aussi celle de ses amis, dont le jeune Ludovic, qui vient passer l'été au centre afin de mieux se connaître.

Déjà, on voit l'éventail extrêmement large de sujets qu'on a choisi d'aborder. Cancer, amours de jeunesse, homosexualité, recherche du danger... et il y en a d'autres. La surenchère (quand ça va mal, ça va mal... mais ça pourrait aller encore plus mal) s'avère être un lourd frein à cette quête de maturité dans laquelle baigne le film. On cherche à être accepté, ici, à être pris au sérieux. Dans cette optique, on aurait facilement pu réduire le nombre de « problèmes de société » auxquels on a choisi de se consacrer, d'autant que certaines scènes d'aveux (et la finale, frisant la quétainerie) sont particulièrement grandiloquentes et mélodramatiques.

Les comédiens principaux sont pour la plupart très efficaces, à l'exception de quelques scènes où des dialogues incongrus viennent gâcher la belle ambiance qui s'était pourtant installée. On s'intéresse beaucoup au destin des personnages, d'abord grâce à leur charisme, mais on est immanquablement déçu par les directions presque aléatoires prises par le scénario. On n'évite pas non plus plusieurs lieux communs et les morales pas chères, mais dans l'ensemble, le travail est bien fait.

La réalisation est cependant perspicace et au diapason de ses personnages : jeune et dynamique. Les images sont d'une grande beauté et le film est empreint d'un univers cohérent. C'est le scénario, donnant allègrement dans le mélo, qui vient miner sérieusement les efforts développés par toute la bande de joyeux lurons derrière Les pieds dans le vide. Ils sont les vedettes idéales pour rejoindre les ados, pour leur parler de choses sérieuses et importantes sans faire la morale. En ce sens, c'est réussi. C'est rassurant et ça ne choquera personne, parce qu'on pardonne tout aux ados. Mais est-ce vraiment ce qu'on voulait faire?

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Photo Karl Filion

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