Affiche du film  Les Monuments Men
© Sony Pictures

Les Monuments Men

Version en français
v.o.a. : The Monuments Men
7 février 2014

Mystère et boule de gomme

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Comment est-ce possible? Comment peut-on faire un film aussi mauvais avec une histoire aussi intéressante et une brochette d'acteurs aussi impressionnante? Et Clooney a tout de même su prouver sa valeur en tant qu'acteur⁄réalisateur avec les années... Alors pourquoi The Monuments Men est-il un échec à ce point absolu? Ce sont ces questions que je repasse dans ma tête pour tenter de rationaliser ma déception, mais les réponses qui me viennent ne sont pas satisfaisantes. On pourrait bien dire que le scénario manque de rythme, que l'on ne parvient jamais à s'attacher aux personnages et que lorsque l'un d'entre eux décède, nous y sommes complètement indifférents, mais il y a un vide manifeste dans ce film qu'il est difficile d'expliquer et plus dur encore à accepter.

L'histoire de ces artistes, historiens et architectes qui ont été envoyés en Europe par le Président Roosevelt pour récupérer des oeuvres d'art qui avaient été volées aux Juifs par les nazis, n'en est pas une que l'on a entendue des milliards de fois au cinéma, comme d'autres en lien avec la Deuxièeme Guerre mondiale. L'insolite du récit était donc un argument de poids dans ce nouveau long métrage de George Clooney. Malheureusement, le cinéaste ne fait pas honneur à l'originalité de son histoire, en nous livrant une réalisation mécanique et sans âme. Comme le film porte sur l'importance de l'art, de la conservation de la culture, on aurait pu croire que le film allait tenter d'être lui-même une pièce d'anthologie, mais, de toute évidence, nous sommes ici bien loin du chef-d'oeuvre.

On nous plonge dans l'action dès les premières minutes. Ça n'aurait pas été une mauvaise chose si on avait pris le temps, par la suite, de nous présenter les personnages (du moins les principaux), mais on omet de le faire, ce qui fait que le spectateur se rappelle à peine du nom des protagonistes, et encore moins de la profession qu'ils exercent. Les pesants discours dramatiques sur l'importance de l'art et de l'histoire sont toujours accompagnés par une mélodie neurasthénique qui nous commande un sentiment d'empathie. On ne le dira jamais assez : les vrais moments d'intensité et de sentimentalité au cinéma n'ont pas besoin d'être accompagnés d'une musique triste pour toucher (et certainement pas quelques notes d'un piano pleurnichard comme c'est le cas ici).

Il y avait dans The Monuments Men suffisamment de substance narrative pour produire un grand film, mais on est arrivé à passer complètement à côté. Même l'humour n'est pas au diapason. On sourit à une ou deux reprises, mais davantage par pitié que par véritable plaisir. The Monuments Men fait définitivement partie des plus grandes déceptions des derniers mois. Sony a retardé la sortie en salles du long métrage sous prétexte que les « effets spéciaux » n'étaient pas complétés. On sait maintenant que la faiblesse de l'oeuvre était la vraie raison.... Dommage.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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