Affiche du film  Les mondes de Ralph
© Walt Disney Pictures Canada

Les mondes de Ralph

Version en français
v.o.a. : Wreck-It Ralph
31 octobre 2012

Association des méchants anonymes

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

En terme d'animation, Walt Disney s'est rarement trompé. Le studio est derrière plus d'une vingtaine de classiques et reste, la plupart du temps, à l'affut des sujets et des thématiques qui pourraient plaire à leurs jeunes spectateurs (et leurs parents, qui ont jadis été le public cible). L'arrivée de nouveaux jeux vidéos dans les arcades, ce changement important qu'apporte les first person shooters et les Dance Dance Revolution de ce monde, s'avère une hypothèse intéressante à exploiter à l'écran surtout lorsqu'on introduit un personnage issu d'un vieux jeu qui fut témoin de la transformation technologique et idéologique de l'intérieur. Encore une fois, la maison de Mickey avait appuyé sur le bon bouton. Mais, on s'adresse à qui avec un film progressiste comme celui-là? Les enfants qui jouent ou les parents témoins du changement?

Depuis quelques années, un nouveau débat a germé dans le monde de l'animation; qui veut-on interpeler? Avant, c'était relativement simple : l'animation était pour les petits, l'action réelle, pour les adultes. Avec Shrek, et quelques autres suiveurs, la chose s'est compliquée et on cherche maintenant, en tant qu'adulte, à être autant diverti que nos bambins lorsqu'on assiste à la projection d'un film d'animation - à un niveau différent, évidemment. Wreck-It Ralph, malgré ses perspectives relativement matures (l'évolution du jeu vidéo), sollicite davantage les enfants que leurs parents. Les premières minutes rappelleront probablement quelques souvenirs aux vieux gamers, mais plus l'histoire principale se détaille moins on s'intéresse au loisir des plus grands.

Ce récit, sur un méchant qui veut remporter une médaille pour avoir sa place près du héros et être considéré comme quelqu'un de bien, s'avère par contre d'une grande sensibilité pour les petits et suffisamment ingénieux pour maintenir leur attention jusqu'à une finale prévisible, mais réconfortante (comme le fait si bien Disney depuis les années 30). La frappante discordance entre les images en 8-bits et celles de synthèse 3D offre un spectacle fort intéressant que nous avons rarement la chance de voir dans nos films d'animation conventionnels, entièrement en CGI. Les univers de chacun des jeux dans lesquels voyage Ralph sont également d'une finesse visuelle et d'une cohérence graphique (et même narrative) renversantes.

Bien que, au Québec, Philippe Laprise semblait d'emblée la personne idéale pour donner vie, grâce à sa voix, à ce protagoniste casseur au coeur tendre, le résultat n'est pas à la hauteur des attentes. Peut-être est-ce en raison de ce timbre trop caractéristique qu'on lui rattache immédiatement même si on ne le voit pas physiquement, ou peut-être est-ce une interprétation trop linéaire, mais le produit manque invariablement de profondeur et de personnalité. Ce n'est par contre pas le cas de Benoît Brière qui double le personnage de Sa Sucrerie comme s'il avait été créé pour lui.

Wreck-It Ralph est fidèle à la compagnie qui l'héberge et saura probablement rester, pendant plusieurs années, un incontournable pour les enfants et un véritable casse-tête pour les parents qui seront rapidement agacés par les airs électroniques de ce film qui tournera en boucle dans les chaumières.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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