Affiche du film  Les maîtres du suspense
© Les Films Séville

Les maîtres du suspense

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : The Masters Of Suspense
17 décembre 2014

Attention, ce film n'est pas une comédie

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

J'avoue être un peu embêtée face à ma critique des Maîtres du suspense. Vous savez ce genre de film qui vous laisse plutôt indifférent? Ni vraiment bon, ni vraiment mauvais, Les maîtres du suspense est un divertissement acceptable qu'il serait injuste de descendre à grands coups de bec, mais qui ne mérite pas non plus les éloges de La vie secrète des gens heureux, film précédent du réalisateur Stéphane Lapointe.

Les maîtres du suspense est inégal. On pense d'abord que c'est une comédie (c'est d'ailleurs ainsi qu'on nous l'a présenté), mais on réalise bien vite qu'il s'agit davantage d'un amalgame de plusieurs genres; le film est à la fois un drame, une chronique, un suspense, une romance et une comédie. Il y a certains films qui arrivent à étonner grâce à l'importante diversité de leur contenu, mais dans le cas présent, son hétérogénéité dérange plus qu'elle épate.

Les rires ne sont pas nombreux dans Les maîtres du suspense, malgré ce que la bande-annonce (qui contient tous les gags) peut nous laisser croire. Mais, comme il a été précédemment déterminé qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une comédie, on pourrait se résoudre à rire un peu moins si la qualité des blagues était d'une richesse particulière, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Michel Côté et Robin Aubert qui se frappent comme des gamins, c'est plutôt drôle, mais ça ne l'est pas suffisamment pour pardonner les nombreuses autres vannes qui le sont moins.

En ce qui concerne l'histoire, si elle n'allait pas si loin, si elle s'était contentée de raconter les mésaventures d'un trio d'auteurs atypiques, peut-être aurait-elle eu un meilleur impact. Parce que dès qu'on réalise jusqu'où on nous emmène (jusqu'en Nouvelle-Orléans au coeur d'un rituel vaudou), on a bien du mal à rester concentré et intéressé par le destin de ces trois lourdauds.

Les acteurs aussi ont tendance à jouer un peu trop gros. On comprend l'ironie au deuxième degré qui les force à en donner plus, mais cette caricature établit une distance avec le public que les acteurs n'arrivent jamais, malgré leurs efforts évidents, à réduire. Maria de Medeiros est une actrice fabuleuse (qu'on connaît pour son apparition dans Pulp Fiction de Quentin Tarantino), mais ici elle n'arrive pas à accorder son jeu avec celui des autres comédiens. L'idée de prendre une actrice française élégante pour incarner ce personnage d'une actrice embauchée pour incarner l'héroïne des romans du personnage de Côté au grand écran (beaucoup de mise en abyme ici) était logique, mais le résultat est décevant. Le reste de la distribution a, par contre, été très bien choisi. Michel Côté incarne un superbe auteur à succès menteur et pédant (qui fait penser à Castle par moment), Robin Aubert personnifie adroitement l'écrivain frustré et Antoine Bertrand, avec la bonhomie qu'on lui connaît, se révèle être un éducateur en garderie, couvé par sa mère, des plus crédibles.

Au risque de me répéter je dirais que Les maîtres du suspense n'est ni vraiment bon, ni vraiment mauvais. Il s'avère un choix honnête pour un divertissement léger, à condition d'être averti de sa mauvaise catégorisation. Attention, ce film n'est pas une comédie...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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