Affiche du film The  Incredibles
© Walt Disney Pictures Canada

Les Incroyable

Version en français
v.o.a. : The Incredibles
25 juillet 2005

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Photo Par Karl Filion
Les Incroyable n'est pas un mauvais film, bien au contraire. Pourtant, de la part de Pixar, le résultat est très décevant, voire désolant. S'il s'adresse à des enfants, Les Incroyable ne voit pas la ligne à ne pas franchir. Comme à chaque fois, ce sont les attentes qui justifient la déception.

Pixar, à qui l'ont doit les succès indéniables de Toy Story et Monstres Inc., certainement la compagnie la plus populaire en animation aujourd'hui, présente Les Incroyable. On pouvait, avant aujourd'hui, apprécier de Pixar la maturité et tous les efforts qu'elle a pu faire pour plaire aux parents à travers les films pour enfants; cependant cette fois-ci, il faut lui reprocher cette maturité. Les Incroyable est un film qui prêche par l'excès : il est tellement pesant qu'il essouffle, il est souvent trop lourd pour son public-cible, lorsqu'il expose, par exemple, l'ennui au travail et les problèmes de couple, deux considérations, il faut l'admettre, bien trop sérieuses pour des jeunes cinéphiles.

Visuellement efficace, le film perd des plumes à cause de détails regrettables – les textures ne sont pas toujours rigoureuses, par exemple – mais demeure dans l'ensemble un véritable festin pour les yeux. L'animation est devenue si précise et si efficace, que les réalisateurs, cette fois-ci Brad Bird, créateur du Géant de Fer, peuvent se permettre de jouer avec les ombres et avec la profondeur de champ. Impossible de passer sous silence ce nouvel effort d'exactitude cinématographique.

Bob Paar, alias M. Incroyable, est l'homme le plus fort du monde et dans ses temps libres, il sauve les gens. Il fait la rencontre d'Élastofille, qui peut s'étirer à volonté, et se marie avec elle. Forcés à la retraite, ils auront trois enfants dotés de super-pouvoirs, mais brimés dans leur droit de les utiliser. À la suite de l'excentricité d'un milliardaire et d'un concours de circonstances, toute la famille se retrouve sur une île et devra, pour réussir, se rapprocher et se faire confiance.

Même s'il met en place des personnages très intéressants, le scénario est le véritable problème du film, parce qu'il est mitoyen, à la limite de l'enfantin et du dramatique. Le rythme disloqué crée de regrettables longueurs, relâchant l'intérêt et la fermeté d'écoute de la salle. Le film prend son seul et véritable envol une fois sur l'île de l'excentrique milliardaire Syndrome, le super-zéro mégalomane qui veut conquérir le monde. Certaines scènes sont évidemment des clichés éhontés, qu'on ne reproche pas, tandis que d'autres traînent littéralement en longueur. Si quelques scènes sont franchement drôles, d'autres font froncer les sourcils de suspicion.

Le résultat n'est pas mauvais, non, pourtant sa lacune principale sera que, contrairement au productions précédentes, l'envie de revoir à tout prix le film s'estompe bien vite, et une fois terminé, le film s'oublie, se perd dans l'ombre de Shrek 2 de Dreamworks, par exemple.

Évidemment, quand je dis que je pense que les enfants n'apprécieront pas la pesanteur du propos de Les Incroyable, je le dis en tant qu'adulte, et aussi en tant que critique. Pourtant, je n'ai jamais eu aussi peur de me tromper, parce que pour savoir si les enfants apprécient, il faut le leur demander. Peut-être que les couleurs resplendissantes et les personnages attachants suffiront à les satisfaire, peut-être que les enfants se plairont à se reconnaître…d'ailleurs, je leur souhaite.
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Photo Karl Filion

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