Affiche du film  The Finest Hours
© Walt Disney Pictures Canada

Les heures de gloire

Version en français
v.o.a. : The Finest Hours
29 janvier 2016

Et vogue le navire

Photo Par Martin Gignac

Le film de secours et de survie est à la mode au cinéma. Après The Martian, The 33 et 13 Hours: The Secret Soldiers of Benghazi, il se décline en haute mer. Suite au naufrage du peu convaincant In the Heart of the Sea de Ron Howard, c'est au tour de The Finest Hours de prendre également l'eau de tous bords tous côtés sans pour autant boire la tasse complètement.

Le plus important dans cette périlleuse mission est de trouver le ton juste. Trop d'action et d'effets spéciaux à la façon de The Poseidon Adventure transforme le tout en film catastrophe où l'on ne se soucie que trop peu des personnages. Pas suffisamment de péripéties risque de lasser le spectateur, surtout si on garde le meilleur pour la fin comme dans The Perfect Storm. Puisque ce ne sont pas toutes les productions qui ont le budget pour faire un Titanic et que plus personne ne réalise des longs métrages qui s'apparentent au Lifeboat d'Alfred Hitchcock, il faut trouver un moyen d'y insuffler profondeur et énergie.

Ces deux mots frôlent constamment The Finest Hours sans y demeurer très longtemps. Ses personnages aux archétypes proéminents arrivent à exister grâce à la finesse de leurs interprètes (Chris Pine, Casey Affleck, Eric Bana, etc.). Quand le ciel se déchaîne, que la tempête gronde et que les vagues renversent tout sur leur passage, il y a des scènes d'action à couper le souffle. Des séquences spectaculaires qui ne sont guère relevées par l'utilisation de la 3D, qui avait pourtant plein d'éléments à se mettre sous la dent comme la pluie et le brouillard.

Déjà qu'il faut se farcir une première moitié extrêmement longue et moribonde avant d'être récompensé. Le scénario noyé de clichés a été écrit par trois personnes qui abusent des dialogues les plus convenus. Bien qu'il s'agisse d'une histoire vraie, la magie du cinéma permet tous les excès. Une folie qui demeure toujours contrôlée, se vautrant derrière un héroïsme à deux sous où la musique de Carter Burwell défonce régulièrement les tympans.

Plus dommageables encore sont les choix narratifs et de montage du cinéaste Craig Gillespie, qui s'y connaît en biopic ultimement positif avec son précédent Million Dollar Arm. Au lieu de suivre quelques âmes en particulier, il découpe son récit en trois. Il y a les survivants dans le bateau qui attendent les renforts en doutant, la courageuse équipe qui vient à leur rescousse et la future épouse du héros qui attend impatiemment de connaître le sort de son amoureux. Un dernier tronçon superflu, sans doute inspiré du magnifique Apollo 13 et politiquement correct (il doit y avoir des personnages féminins forts en 2016), mais qui plombe constamment le rythme et la tension. Déjà qu'elle n'est là que pour titiller une fibre émotionnelle, sa façon de se promener en robe courte dans la neige sans avoir froid ou que ça nuise à sa coiffure et à son maquillage force l'admiration.

The Finest Hours porte finalement bien mal son nom. On parle plutôt de moments ou de scènes d'une rare intensité lorsque la vie de ses personnages ne tient qu'à un fil. Le reste de la croisière est plus quelconque, prévisible, ennuyante même, jusqu'à une nouvelle interaction mouvementée du dieu de la mer Neptune qui fait battre le coeur un peu plus rapidement.

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Photo Martin Gignac

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