Affiche du film Les grandes chaleurs
© Les films Séville

Les grandes chaleurs

Version originale en français
5 août 2009

Parce que c'est (trop) bon

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Quelques films font réfléchir, d'autres fascinent et inspirent alors que certains, comme Les grandes chaleurs, agissent comme un palliatif aux angoisses humaines. Il ne faut pas sous-estimer ces derniers, quelque chose de rafraîchissant n'est pas systématiquement facile. Le premier film de Sophie Lorain n'est ni pauvre ni quelconque, il ne passera pas à l'histoire, mais il en déridera (dans tous les sens du terme) plus d'un en cours de route.

Juste avant de mourir, le mari de Gisèle lui apprend qu'il avait une maîtresse depuis de nombreuses années. Toutes les convictions de la femme de 52 ans en sont alors ébranlées jusqu'à ce qu'un de ses ex-clients, Yannick, entre dans sa vie. Lorsque le jeune homme de 19 ans lui déclare son amour, elle ne sait que faire; se laisser guider par l'attirance qu'elle a pour lui ou par sa raison qui lui dicte l'incohérente de la situation.

Dans une comédie romantique, le charisme et la chimie des personnages principaux sont essentiels au succès du film. Marie-Thérèse Fortin, à qui on s'attache dès les premiers instants, et François Arnaud, qui pourrait faire fondre d'un seul sourire le coeur des Québécoises de tous âges, font un travail exceptionnel. Ils nous font croire à cet amour démesuré que leurs personnages entretiennent. L'intensité de leur interprétation, bien que parfois trop romanesque, renforce le comique de la trame narrative. À noter également l'habile performance de François Létourneau et de Véronique Beaudet dans le rôle de Louis et Louisette, les jumeaux de Gisèle.

Certains clichés viennent par contre entacher l'oeuvre de Sophie Lorain. Il est difficile de parler d'amour au cinéma sans plonger tête baissée dans le stéréotype et malheureusement, cette dernière n'y échappe pas. Le beau jeune voyou qui se repent pour les yeux doux de la femme qu'il aime avec en trame de fond des refrains musicaux puérils, le Château Frontenac, les calèches, et sans omettre ce moment obligé à la mi-parcours où le protagoniste tente de rattraper sa dulcinée alors qu'un hasard minable vient briser ses plans; rien pour réinventer la comédie romantique.

Le film, qui est en grande partie une préface à la pièce de Michel Marc Bouchard, introduit certains personnages fades et insignifiants, comme la bande d'amis immatures de Yannick. On comprend l'idée derrière le geste, soit de vouloir démontrer la supposée jeunesse du personnage principal, de lui donner une certaine contenance, mais, bien que son ex-copine a une certaine influence sur le déroulement de l'histoire, celui de ses camardes attardés ne fait que diminuer l'intelligence du propos.

Malgré tout ça, c'est facile d'aimer Les grandes chaleurs. Dans le monde oppressant dans lequel on vit, il est parfois agréable de se donner le droit de rêver, le droit de prétendre que l'amour n'a pas d'âge, pas de prix, pas de limites. Considérer le cinéma comme une simple récréation serait méconnaître le médium, mais lorsqu'un film fait avec autant de sincérité et d'émotivité apparaît sur nos écrans, il est agréable de simplement se laisser bercer par la fiction.

Cette comédie romantique, qui s'adresse principalement aux femmes (faut-il seulement le préciser?), fait partie des choses que l'on aime sans savoir pourquoi, comme le Kraft Dinner ou le goût du café le matin, en fait, c'est peut-être seulement parce que ... c'est trop bon !

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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