Affiche du film  Les géants
© Funfilm Distribution

Les géants

Version originale en français
27 juillet 2012

L'air climatisé

Photo Par Karl Filion

Il faisait froid ce matin dans la salle numéro 3 du Cinéma Beaubien. C'est sans doute la raison.

Je suis allé en Bixi parce que ce n'est pas très loin de chez moi et parce qu'il fait soleil. Le film a commencé, à l'heure, 9h45, mais après quelques bandes-annonces d'usage, des bandes-annonces sans lien logique entre elles sinon que les films qu'elles présentent sont « à venir ». On ne savait pas trop ce que ce serait; des enfants, des Belges il paraît, Bouli Lanners, des géants? (mais sans doute pas le type de géants de Peter Jackson). Finalement c'est... quelque chose comme de la poésie.

Une poésie qui va droit au coeur, si minutieuse, tellement à l'écoute, qu'au début on ne le soupçonne pas. Des enfants qui font les 400 coups; fumer un peu d'herbe, emprunter la voiture d'un grand-père mort, bah, rien là. Des enfants sans parents, qui jouent avec un pistolet, qui s'amusent, qui n'ont plus d'argent et puis qui ont une idée. Une idée pas très bonne, mais bon, ce sont des enfants.

On remarque bien sûr les merveilleux jeunes acteurs, Zacharie Chasseriaud, Paul Bartel, Martin Nissen, et les sublimes plans fixes, qui s'imprègnent de tension et d'émotion qui, plus ils durent, moins ils soulignent. On voit, on voit très bien ce qui se passe, inutile de le « montrer ». On perçoit, doucement, et on commence à comprendre. L'inéluctabilité, les erreurs, l'humanité. Le travail d'un réalisateur en plein contrôle.

Quelques mesures de piano, le moins de dialogues possible mais des dialogues vrais, crédibles et naturels. Une mélancolie d'adulte dans des corps d'enfants. Puis l'innocence qui jaillit.

Le portrait est si minutieux, si cordial, qu'on s'amuse avec eux alors qu'ils détruisent une maison d'été et qu'ils s'enivrent. Sans foi ni loi. Mais la vie les abandonne, on (eux et nous) ne comprend pas tout. Et puis le coeur se serre devant ces enfants, des petits bums (voleurs, squatteurs, casseurs) qui ne respectent rien (?), qui se serrent les coudes et qui, lorsque confrontés à l'amour, aiment en retour. Voilà une belle histoire. Et simple. Je vous le dis, des frissons. Sans doute à cause de l'air climatisé de la salle numéro 3 du Cinéma Beaubien.

(Seulement 369 mots, moi qui voulais en écrire 500. C'est tout, j'imagine. Qu'y a-t-il de plus à dire; comment expliquer (que c'est du cinéma et) qu'il faut (le) vivre?)

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Photo Karl Filion

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