Affiche du film  Les femmes du 6e étage
© Les Films Séville

Les femmes du 6e étage

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Les femmes du 6e étage
2 juin 2011

La vraie valeur

Photo Par Karl Filion

Ce ne sera pas la première fois, dans le cinéma français, qu'un bourgeois encrassé s'ouvrira aux « charmes » d'une vie simple et libre suite à une rencontre marquante. Le vrai plaisir de la vie - si la leçon est bien apprise - c'est de faire sécher ses vêtements sur une corde à linge dans une campagne ensoleillée (pour faire court). Disons que l'équation, au fil de ses déclinaisons, a pris plusieurs raccourcis. Heureusement, Les femmes du 6e étage les évite presque tous, proposant plutôt le récit senti de personnages mieux développés qu'à l'habitude.

Les femmes du 6e étage fonctionne parce que Fabrice Luchini est Fabrice Luchini. Parce qu'il représente un pan « populaire » de la bourgeoisie, il peut soumettre ce personnage de riche propriétaire à son bon vouloir, le mener à travers les retournements et revirements de cette fable sociale et le rendre aussi attachant qu'empathique en alliant l'élégance et l'humanité. Il fait son numéro, et nous, on le regarde faire avec beaucoup de plaisir - c'est-à-dire sans avoir l'impression qu'on essaie de démontrer quelque chose qui ressemblerait à une leçon.

Il était absolument essentiel que le changement qui affecte son personnage soit crédible (puisqu'il n'est pas a priori logique). Dans les détails de son interprétation et dans la subtilité de sa transformation (qui passe par une histoire d'amour pudique et minutieuse), on remarque progressivement les changements s'opérer sur cet homme sûr de lui qui s'ouvre au monde qui l'entoure. Les « femmes du 6e » sont elles aussi charmantes, à la fois extravagantes et amères, emmenant au film un humour fort bien trouvé et beaucoup de charisme.

La réalisation simple de Philippe Le Guay se met au service de ces personnages riches et si bien cernés. Bien sûr, ils frôlent tour à tour avec le cliché, certains avec la redondance, et il y a une sorte de complicité intrinsèque qui lie le spectateur à cette partie de l'Histoire et que le réalisateur se fait un devoir d'exploiter en soulignant à gros traits les « incongruités » sociales (pour l'observateur d'aujourd'hui) des années 60. Les scènes impliquant Sandrine Kiberlain et ses amies bourgeoises sont d'ailleurs tellement appuyées qu'elles deviennent agaçantes; le stéréotype y est beaucoup moins efficace. Heureusement, la critique de la bourgeoisie n'est pas particulièrement sévère; on s'intéresse davantage aux personnages eux-mêmes qu'à ceux de leur classe.

Les femmes du 6e étage n'aborde pas de sujets « importants » ou « graves », ne révolutionne pas le cinéma, ne changera rien à rien, mais s'avère assez joli et humain pour qu'on y trouve un plaisir certain. La rencontre entre les comédiens est magique et le récit passionnant malgré son aspect anecdotique. Ce n'était pas une mince affaire, mais le talent de Luchini et les dialogues délicats font le travail.

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Photo Karl Filion

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