Affiche du film  Les émotifs anonymes
© Pan Européenne Production

Les émotifs anonymes

Version originale en français
23 juin 2011

L'amour inévitable

Photo Par Karl Filion

L'histoire de la rencontre entre Angélique Delange (ouais, bon) et Jean-René Van Den Hudge n'est pas la première ni la dernière histoire d'amour à être portée à l'écran. Et tant dans le format (80 minutes) que dans le ton (la légèreté), Les émotifs anonymes avait l'air rafraîchissant et débonnaire. En effet, de mettre en vedette des gens dont la timidité excessive influence toutes les interactions sociales donnait l'occasion d'un conte aussi attendrissant qu'émouvant. Des « émotifs » anonymes comme des « alcooliques » anonymes, c'était une idée de génie. Mais il n'en est rien. On a plutôt droit au récit attendu d'une histoire d'amour qui, plutôt que d'être impossible, est « inévitable ».

Poursuivant la mode de la naïveté poétique du Fabuleux destin d'Amélie Poulain (ça fait quand même dix ans...), Les émotifs anonymes se déroule dans un quartier commun d'une ville anonyme qui semble hors du temps et de la technologie (mais qui ressemble quand même un peu à Paris). On se rapproche donc de la fable plutôt que du drame ou de la comédie, alors que les personnages prennent sous le signe de la légèreté des situations un peu plus graves qu'il n'y paraît. En fait, il est, encore et toujours, question d'amour, vu ici sous l'angle de la confiance en soi. Mais rien ne viendra empêcher cet amour d'exister, c'est évident dès le départ...

Les personnages surmontent donc leur timidité, des quiproquos et les aléas du destin pour s'avouer leur amour. La proposition passe alors d'innovatrice à convenue, le sujet du film passant de ces « émotifs » anonymes à Angélique et Jean-René, qui forment un couple assez anodin et très maladroit. On s'amuse un peu, quelques fois, lorsqu'ils sont gênés qu'ils se ridiculisent... mais après un certain temps, ça devient redondant.

À force de tourner autour du pot, dans une sorte de happy ending stéroïdé, on en vient à s'ennuyer, à reprocher aux personnages leurs longues et redondantes tergiversations (bon, Jean-René change souvent de chemise, je pense qu'on a compris) et leurs hésitations faussement dramatiques; vont-ils finir par s'aimer? Or, on a la réponse dans la définition même de ce type de film bon enfant. Et puis, comment un film de 80 minutes peut-il paraître si long? La finale n'en finit plus de finir, entre les déclarations d'amour, les rejets, et les amis qui disent : « Tu l'aimes, c'est évident! ». Interminable.

Vraiment, si les acteurs n'étaient pas aussi charmants qu'Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde, on ne trouverait rien de bien enivrant chez ces Émotifs anonymes. Leur histoire banale ne trouve pas dans le traitement la fraîcheur suffisante pour véritablement séduire, pas plus que n'y parviennent les quelques clins d'oeil de Jean-Pierre Améris à la réalisation. Un travail assez peu inspiré qui, s'il est compétent, ne parvient pas à insuffler de l'émotion au travers les quelques blagues qui fonctionnent, se perdant dans une séquence chantée et de nombreux clichés.

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Photo Karl Filion

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