Affiche du film Les Dames en bleu
© Les Films Christal

Les dames en bleu

Version originale en français
16 octobre 2009

Les aimantes

Photo Par Karl Filion

Cela pourra paraître incongru ou étrange, mais, suite au visionnement de Les dames en bleu, plus récent documentaire de Claude Demers (Barbiers - Une histoire d'hommes), on n'a d'autre choix que d'avouer qu'on aurait souhaité voir un film sur Michel Louvain bien avant aujourd'hui. Véritable joyau pour un long métrage, le chanteur possède un charisme indéniable qui est tout à fait fascinant. Son pouvoir d'attraction est phénoménal et Claude Demers l'a bien compris. Plutôt que de réaliser une biographie filmée ou la rétrospective d'une carrière bien remplie, il s'intéresse à ces femmes qui l'aiment. Postulat simple, d'une évidence presque choquante : « les femmes qui l'aiment ». Entre l'hommage et le portrait, ce film est un véritable succès.

Dans leur jeunesse, Nicole, Lauraine, Denise, Thérèse et Margot admiraient déjà Michel Louvain. Au fil des ans, elles ont développé avec lui une relation qui dépasse celle de la passion et qui frise l'idolâtrie. À travers leurs préoccupations quotidiennes, qui diffèrent grandement d'une à l'autre, les cinq femmes ont su garder bien vivante la fascination que le plus grand crooner québécois exerçait sur elles. Après 50 ans de carrière, rien n'a changé. Les jeunes filles devenues grand-mères n'ont pas oublié ce bel homme bien habillé qui leur chantait l'amour.

C'est bel et bien la richesse de ces « dames en bleu » qui fait tout l'intérêt du film. Demers, qui a quand même le mérite de l'avoir fait, ne fait que les laisser parler, fouiller dans leurs souvenirs, vivre dans leur quotidien. Elles ont toute la parole facile, et leur langage coloré fait d'abord beaucoup rire. Quelles chantent affreusement faux et qu'elles vivent dans un kitch consommé est une chose, mais qu'on ne s'y méprenne pas : ces femmes ne sont pas des stéréotypes. La deuxième partie, toute aussi fascinante que la première, frappe dans le mille émotionnellement.

Immuable, Louvain se sacrifie, évitant la plupart des malaises, et lorsque le film décide de se consacrer davantage à l'homme, il fascine encore plus. Un délicieux retour dans le temps s'avère particulièrement éloquent pour toutes les générations qui n'ont pas vécu cette frénésie qui franchement ne tient pas de l'évidence. Les quelques répétitions à mi-parcours placent dans une perspective nouvelle le travail colossal de relations publiques que doit faire Louvain à chaque spectacle. Des dizaines de groupies sur 50 ans de carrière, ça se travaille.

Le respect avec lequel on a traité ces femmes impudiques - qui frisent parfois le ridicule, avouons-le - rapporte des dividendes impressionnants, qu'on a rarement trouvés dans le cinéma de fiction québécois de cette année. C'est donc tout à fait une surprise, et elle est fort bienvenue, que de trouver dans un documentaire sur Michel Louvain (qui l'eût-cru) autant d'émotion et d'intelligence.

Les dames en bleu est donc aussi réussi qu'inattendu. Sans blague (ne riez pas), on souhaite vraiment le biopic. On imagine déjà Guillaume Lemay-Thivierge Marc-André Grondin Pierre-Luc Brillant Martin Léon dans le rôle principal...

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Photo Karl Filion

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