Affiche du film  Storks
© Warner Bros. Canada

Les cigognes

Version en français
v.o.a. : Storks
21 septembre 2016

Bébés d'abord

Photo Par Martin Gignac

Le cinéma en prises de vue réelles et celui en animation sont deux mondes complètement différents. Rares sont les créateurs qui parviennent à passer de l'un à l'autre avec succès. Pour un Tim Burton (Corpse Bride) ou un Zack Snyder (Legend of the Guardians: The Owls of Ga'Hoole) qui nagent comme des poissons dans l'eau au sein de ces deux univers, il y a des artistes tels Andrew Stanton (Wall-E) et Ari Folman (Valse avec Bachir) qui sont plus compétents en mode animé.

Storks relève donc du test pour Nicholas Stoller, qui s'est fait connaître avec la comédie grivoise Forgetting Sarah Marshall et qui a plus de triomphes (The Five-Year Engagement) que d'échecs (Get Him to the Greek) à sa filmographie. Ses plus hauts faits d'armes demeurent les deux épisodes de Neighbors, dont le second qui est sorti l'été dernier s'avérait un grand crû mésestimé. Mais comment ce cinéaste très adulte allait adapter son style pour un public enfantin sans perdre son âme? Sans doute qu'il a participé au scénario des deux derniers tomes des Muppets et qu'il est aidé à la réalisation par Doug Sweetland qui a travaillé sur plusieurs vieux Pixar, mais encore?

En privilégiant la voie humoristique qui est complètement disjonctée et qui ne comporte cette fois pas d'allusions au sexe et aux substances illicites. Les gros mots ont été remplacés par des échanges plus politiquement corrects afin de rejoindre toute la famille. Petits et grands voudront embarquer dans cette aventure souvent hilarante, mais trop peu mémorable, où l'émotion n'est pas rare. Surtout que l'animation en place est plus que compétente malgré une 3D superflue.

Lorsqu'une cigogne et une humaine doivent travailler ensemble pour délivrer un bébé imprévu à un garçon qui rêve d'avoir un petit frère, le long métrage emprunte alors deux chemins parallèles de qualité fort inégale. Le plus jouissif est celui du duo mal assorti. Bien que leur quête ressemble un peu trop à celle de Monster's, Inc. (ou du jeu vidéo Yoshi's Island), les péripéties sont nombreuses et attrayantes. Les héros très attachants vont rencontrer une sorte de Gollum qui aime un peu trop les bébés, d'incroyables loups Transformers et des pingouins peu aimables, ce qui donnera une rigolote scène de combat presque muette afin de ne pas réveiller la petite frimousse qui fait dodo.

Là où le bât blesse, c'est quand le scénario retourne sur le plancher des vaches. Le réel est dans ce cas-ci nettement moins intéressant que l'imaginaire et tous les moments où l'enfant qui attend son petit frère s'amuse avec ses parents qui travaillent trop sont plombés de bons sentiments. On retrouve sans doute ici la fascination de Stoller pour la famille et l'amitié, sauf que le dosage n'est pas le bon. Le ton est beaucoup trop collant et insistant. Déjà que sa charge contre le capitalisme n'est pas très subtile (au début du film, les cigognes ne transportent plus de bébés, mais des objets), si en plus il faut se farcir des morales douteuses sur la nécessité d'agrandir les familles, cela donne une finale lénifiante.

Évidemment ce sous-texte passera par-dessus la tête de la plupart des spectateurs et ça ne sera pas plus mal. Parce qu'il y a un réel bonheur à se retrouver devant Storks qui séduit amplement avec son charme discret et ses personnages attachants. On rajoute à cela en première partie un cocasse court métrage en Lego sur un maître ninja qui s'en prend à une poule et on obtient une sortie plutôt recommandable.

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Photo Martin Gignac

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