Affiche du film Les chansons d'amour
© Les Films Séville

Les chansons d'amour

Version originale en français
22 janvier 2008

Un, une ou des amour(s)?

Photo Par Karl Filion
Après Ma mère et Dans Paris, le réalisateur français Christophe Honoré présente une comédie musicale - qui est en fait un drame - truffée de références aux grands noms de la Nouvelle Vague. Des clins d'oeil à Truffaut et aux Parapluies de Cherbourg qui rendent le film encore plus dynamique et satisfaisant, alors que les acteurs adorables défendent avec vigueur et conviction des chansons tout simplement gracieuses.

Dans le Xe arrondissement de Paris, le jeune Ismaël habite avec Julie et Alice dans un ménage à trois. Les choses se compliquent lorsque la jalousie s'empare de Julie, qui voudrait garder Ismaël pour elle seule. Mais les trois ne sont pas au bout de leur peine lorsque le drame frappe et qu'apparaît un jeune homosexuel breton, Erwann.

Les aventures de ce trio inhabituel sont d'une fraîcheur revigorante. Leur état civil est accepté d'emblée comme une évidence malgré son incongruité, tout particulièrement grâce à l'interprétation enjouée des trois acteurs principaux, dont Clotilde Hesme est certainement la plus magnifique révélation. Des chansons aux accents pop à la voix de Louis Garrel (qui a bien failli ne pas avoir le rôle malgré ses collaborations passées avec Christophe Honoré), Les chansons d'amour étonne et séduit par son économie de moyens et sa frivolité. Un drame familial subtil pour qui le bonheur est implicite. L'émotion teintant les rires irrépressibles d'une séquence avec une marionnette dans la cuisine est un bon exemple de cette douleur cachée d'un film sur la redécouverte de l'amour, qu'il soit masculin ou féminin.

Et les chansons d'Alex Beaupain, de véritables ajouts émotifs au film, toutes défendues par les acteurs, font baigner l'histoire dans un univers féerique dont le contrepoids est la simplicité du cadre et la couleur de Paris, grisâtre et morne, mais si vivante. La ville n'a pas été aussi belle depuis Jean-Luc Godard et Garrel, Hesme, Sagnier et le jeune Grégoire Leprince-Ringuet, le meilleur chanteur des quatre, forts de leur jeunesse, vivent le drame sans l'emphase du pathos. Être la ville de l'amour et des amoureux veut aussi dire être celle du sexe (toujours pudique dans le film) et des différences. L'ouverture d'esprit du film donne l'impression qu'Honoré lève son verre et porte un toast. « À l'amour! » semble-t-il clamer, comme des vers d'Aragon, comme la postmodernité, comme les si adorables maladresses qui font la passion.

Des personnages fascinants et immatures dont les nombreux secrets sont là, quelque part, dans ce hors champ que nous ne verrons jamais. On attrape l'histoire au vol comme un épisode de Loft Story. C'est voyeur, c'est rythmé, c'est brillant.
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Photo Karl Filion

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