Affiche du film Les Boys 4
© Christal Films

Les Boys 4

Version originale en français
12 décembre 2005

La légende des Boys

Photo Par Karl Filion
La musique accroche, le hockey est omniprésent, les blagues détonnent et s'enchaînent bien, d'autant que la camaraderie entre les Boys est encore plus vivante à l'écran. Après trois films, la recette a été testée et re-testée, on sait qu'elle fonctionne, alors pas question de la changer. Un cadeau pour les fans. Pour les autres…

Après une absence de quatre ans, les fameux Boys, l'équipe de hockey la plus rentable de l'histoire du cinéma québécois, se reforme pour affronter une équipe d'avocats de Toronto et avoir la chance de disputer un match de hockey contre les légendes du hockey, dont Guy Lafleur, Yvon Lambert, Simon Gagné et Martin Brodeur. C'est probablement le plus grand défi à ce jour pour l'équipe de Stan. Sauf que le vrai défi, c'est le producteur qui devait le relever, et c'était de justifier un autre film des Boys. Au-delà de l'argent par surcroît.

Le film exploite des thèmes intéressants mais surtout propices à la comédie. Les Boys s'en vont en retraite fermée dans une pourvoirie pour ressouder l'équipe, ils prennent des risques, s'amusent à se dire ce qu'ils pensent vraiment les uns des autres et partagent quelques bières, entre le hockey et le mariage de Jean-Charles. Des situations faites pour être drôles, qui exploitent bien leur potentiel comique, voire même très bien. On compte beaucoup sur les relations entre les Boys et les Boys eux-mêmes pour faire rire. Et parce que le public connaît les personnages, les gags sont efficaces, il faut bien l'admettre, même si un peu dispersés. Plusieurs moments sont franchement drôles, ce sont ceux qui sont les plus surprenants, parce que certaines blagues sont malheureusement prévisibles. On peut presque parler de fusée de détresse qui les annoncerait. Pourtant, on trouve le moyen de surprendre à quelques reprises, même si on utilise – très adroitement d'ailleurs – des situations sommes toutes assez communes. L'humour fonctionne mais ne révolutionne rien, et la recette fonctionne simplement parce que les acteurs semblent s'amuser.

On félicitera également les acteurs pour leur belle complicité, qui permet justement cet humour gaillard et un peu débonnaire. Rémy Girard, Pierre Lebeau, Luc Guérin, Yvan Ponton, Patrick Labbé et Serge Thériault reprennent leurs rôles là où ils les ont laissés, avec leurs caractérisations et leurs stéréotypes. Ils n'ont rien perdu de leurs mauvaises habitudes, et le scénario, comme le réalisateur, capitalisent là-dessus. Un réalisateur plus spectateur que véritablement impliqué; ce sont les Boys qui créent les étincelles et il a sagement décidé de se tenir en retrait. Sinon, son travail est rigoureux et expérimenté, les rouages de la comédie lui sont familiers et il sait les utiliser pour que les répliques, aussi prévisibles soient-elles, frappent fort et justement.

Le placement produit saute évidemment aux yeux, et ça n'étonnera personne, les nombreux commanditaires ayant trouvé divers moyens plus ou moins détournés pour placer leur logo ou leur produit. Une pratique courante, récurrente, mais qu'on a toujours autant de difficulté à accepter.

Bravo d'avoir exploité les rivalités et divers éléments plus actuels, le film est conscient de sa situation et reconnaît humblement son objectif de divertissement pur. Cela aide un peu à apprécier ses efforts apparents pour faire un film qui plaira au plus grand nombre possible.

On peut certainement reprocher à ce quatrième (déjà?) film des Boys d'être un exemple parfait du cinéma québécois de commande, d'un film mercantiliste à l'extrême et dont les vertus artistiques se perdent entre les sacres, les insultes, les verres de bières et les commanditaires. On pourrait aussi lui reprocher de recycler une recette vieille comme le monde mais, et c'est là le plus important, ce film plaira sans aucune doute aux fans. Et qu'est-ce qu'on peut faire contre ça?
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Photo Karl Filion

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