Affiche du film Les aimants
© Alliance Atlantis Vivafilm

Les aimants

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Love and Magnets
25 juillet 2005

Tu m'aimes-tu? Pour vrai?

Photo Par Karl Filion
Sans vénérer les qualités artistiques du premier film de l'ancien RBO Yves Pelletier, il est terriblement difficile de ne pas apprécier cette jolie petite fable sur l'amour, comme un conte, comme s'il y avait, dans l'amour, quelque chose à espérer.

Si Yves Pelletier est reconnu pour son passé d'humoriste, il avoue vouloir sortir de ce moule pour offrir avec Les aimants une comédie sentimentale. Il y parvient tout à fait, son film mérite une attention particulière parce qu'il est intelligent et soutenu, mais aussi parce que le passé comique ne s'est pas complètement dissipé...

Les aimants raconte l'histoire assez complexe d'une jeune femme, Julie, et de sa demi-sœur Jeanne, infidèle, qui va se marier avec Noël, un informaticien ennuyeux qui a une liaison avec Hélène, une femme mariée de quarante ans. À eux va se mêler Michel, ami de Noël, qui prend quelques temps sa place, et tout ce beau monde se rencontre dans un chassé-croisé souvent étonnant et rarement ennuyeux.

Les acteurs brillent littéralement tout au long du film, Isabelle Blais en tête, dans une performance ajustée, harmonieuse, avec une Sylvie Moreau intéressante, elles deux se donnent la réplique avec allégresse et enchaînent les boutades brillamment. Emmanuel Bilodeau tire aussi son épingle du jeu, avec son personnage de musicien aux mains magnétiques, il supporte très efficacement les autres actrices. Pelletier donne des rôles à ses anciens collègues de RBO, Guy A. Lepage, entre autres. Il dirige bien les acteurs car ils créent des personnages crédibles, constants et imprévisibles à la fois, le vin aidant, sans jamais s'empêcher de développer leur profondeur, tout juste suffisante pour ce genre de film.

Pourtant, le véritable point d'intérêt du film reste la réalisation, efficace la plupart du temps, et qui se permet une utilisation délicieuse des tableaux de Vermeer, ce qui ne peut empêcher de faire rire, sans oublier aussi une adorable suite de contradictions et de malentendus plus exaltants les uns que les autres, parce que l'amour est, au fond, une suite de contradictions, plus ou moins adorables j'en conviens, une suite de malentendus certainement, mais l'amour reste toujours exaltant, comme ce film adorable, sans malentendu.

Un film comme Les aimants, avec un public fichtrement bien ciblé, une réalisation efficace, pas trop baroque, juste assez, avec des acteurs éclatants de bonheur de vivre, de bonne humeur contagieuse, avec un scénario plausiblement efficace, pas infaillible mais quand même, il n'est pas difficile de projeter sur les écrans de cinéma un succès. Parce que le cinéma, au fond, ce n'est pas difficile quand on a tous les ingrédients, ne reste qu'à s'approprier une recette, cette fois-ci innovatrice en quelques points mais ne trahissant pas ses qualités « grand public », et le film qu'on présente s'avère bien apprêté, cuit juste à point pour plaire au plus de gens possible, une tendance fréquente au Québec. Ce n'est pas un reproche, parce que cette fois-ci, la recette fonctionne.
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Photo Karl Filion

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