Affiche du film  Les 3 p'tits cochons 2
© Les Films Séville

Les 3 p'tits cochons 2

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Les 3 p'tits cochons 2
28 juin 2016

De la paille, du bois et de la brique

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai découvert le nouveau film des 3 p'tits cochons. Je ne cacherais pas que j'étais un peu effrayée à l'idée de retrouver ces trois « courailleux » pour une nouvelle aventure. Il ne faut pas se leurrer, une suite au cinéma n'est pas toujours une bonne idée... Mais, Les 3 p'tits cochons 2 est drôle, pertinent et franchement divertissant ! Dire qu'il est meilleur que le premier serait certainement exagéré, mais il est aussi efficace sur plusieurs aspects. 

Patrice Robitaille fait un travail honorable dans le rôle de Mathieu. Claude Legault avait affublé une certaine personnalité à son personnage, et son remplaçant a choisi de ne pas s'inspirer de son prédécesseur et d'imaginer un tout nouveau Mathieu. Une chose qui lui sert bien. Seul bémol (une chose banale, mais agaçante) : le comédien est beaucoup plus grand que son comparse Guillaume Lemay-Thivierge et lorsque les acteurs se retrouvent dans le même plan, l'effet est saugrenu (je vous avais averti que c'était banal!).

Lemay-Thivierge et Paul Doucet sont d'ailleurs aussi très efficaces, et encore plus à l'aise dans leur rôle que la première fois. Doucet brille d'ailleurs particulièrement sous les traits de ce Rémi, encore plus prolifique qu'avant, qui tente de se définir au coeur d'un nouveau langage sexuel. À noter que Maxime Lepage, qui interprète l'intérêt amoureux de Rémi, est fort convaincant. Les actrices Sophie Prégent et Isabel Richer, à qui on a accordé cette fois plus de temps à l'écran, rayonnent également dans ce scénario bien balancé.

L'humour est encore une fois au rendez-vous. Autant d'un point de vue plus burlesque - avec les nombreux plâtres et attelles de Patrice Robitaille - ou dans une optique plus cérébrale - avec des jeux mots et d'esprit en lien avec les orientations et tendances sexuelles de tout un chacun -, le scénario arrive à nous faire rire. Le générique de fin est d'ailleurs un peu bijou d'improvisation qu'il ne faut pas manquer (sa résonnance dans l'actualité est d'ailleurs une plus-value non négligeable).

Si on veut trouver des défauts, on peut souligner que Les 3 p'tits cochons 2 est moins délinquant que l'était le premier chapitre. Cet aspect plus indocile du premier film (les petits cochons étaient d'incorrigibles machos infidèles) apportait un côté sexy qui n'est pas aussi prononcé dans la suite. Bien sûr on retrouve encore dans le long métrage un aspect dissident intéressant, mais le résultat n'est pas aussi capiteux qu'avant (probablement dû en partie à la réalisation plus sage de Jean-François Pouliot). Certains seront peut-être davantage charmés par des hommes plus matures et révérencieux. Chacun son genre, j'imagine.

Produire une suite aux 3 p'tits cochons représentait un défi de taille. En plus d'avoir été le film le plus populaire de l'année de sa sortie (2007), la comédie de moeurs est devenue un classique dans la cinématographie québécoise et ce genre de succès est difficilement reproductible. Mais, le producteur Christian Larouche et son équipe y sont arrivés et on ne peut que saluer leur prouesse. Allez voir Les 3 p'tits cochons 2, vous ne serez pas déçus!

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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