Affiche du film  Les 12 coups de minuits
© TVA Films

Les 12 coups de minuit

Version en français
v.o.a. : After the Ball
26 février 2015

Princesse du quotidien

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Shakespeare in Love était arrivé à produire un film, dans lequel une femme se déguise en homme, qui n'inspirait pas d'emblée le ridicule. Mais il faut beaucoup d'intelligence et une pincée d'insouciance pour déguiser Gwyneth Paltrow en homme et s'en tirer avec l'Oscar du meilleur film. Évidemment, les producteurs d'After the Ball n'avait pas d'ambitions démesurées outre celle  que leur film soit vu, mais, malheureusement pour eux, cette simple aspiration pourrait bien être minée par cette insouciance exempte d'intelligence qui les a conduits à la réalisation de ce film édulcoré.

À sa défense, les trente premières minutes sont assez mignonnes. Une jeune designer de mode, qui a tenté sa chance à New York, revient à Montréal bredouille et accepte de travailler dans l'entreprise familiale Kassell Clothing (quand on sait que le film a été tourné dans les locaux du magasin Le Château, on comprend rapidement les communautés avec le nom de la compagnie, prononcé comme Castle). Elle est alors placée sous l'aile de ses deux vilaines belles-soeurs qui la forcent à classer tous les boutons d'un rangement poussiéreux. Elle fait ensuite la rencontre de Daniel, un Québécois qui s'occupe de la conception des souliers dans un petit atelier au sous-sol de l'édifice.

Narrativement, les choses se corsent lorsqu'elle décide, après avoir été renvoyée, de se déguiser en homme et de se faire réengager dans la compagnie pour enfin prouver sa valeur à son père et donner un nouveau souffle à l'entreprise qui, dirigée par son affreuse belle-mère, court à sa perte. Et lorsque sa « fée marraine » explique son idée de la transsexuer par un « je prends une très forte médication », l'ineptie du geste n'est que partiellement pardonnée.

Un mélange entre Cendrillon et She's the Man s'avère probablement la manière la plus lucide de décrire ce film canadien-anglais, mais au-delà de ces affinités évidentes avec ces deux oeuvres, After the Ball manque de magie et de charisme pour se distinguer. Dépeint comme un conte moderne, on aurait espéré du film de Sean Garrity plus de féérie, et un peu moins de clichés. On a ici bien du mal à s'imaginer que le Marc-André Grondin qui interprète le jeune premier dans ce long métrage à l'eau de rose est le même qui a été sacré meilleur espoir masculin aux Césars en France il y a quelques années et qui a remporté le Jutra du meilleur acteur en 2006 pour sa sublime performance dans C.R.A.Z.Y. chez nous au Québec. J'imagine que lui aussi doit payer ses factures...

Il y a peut-être la seconde belle-soeur, le souffre-douleur de l'autre, qui apporte une certaine touche d'humour à la production, un aspect parodique qu'il aurait été bénéfique de retrouver tout au long du film, mais qui malheureusement ne se trouve que dans quelques scènes. Les quelques esquisses ajoutées en appliqués sur l'image en postproduction font aussi partie des bons coups du long métrage.

After the Ball n'a pas la carrure pour se démarquer, même chez un public adolescent. Le fim, qui nous donne à quelques reprises l'impression d'être une infopub ou une campagne pour redorer l'image du Château, manque d'imagination et de merveilleux. Portia Doubleday se débrouille assez bien dans son rôle d'héritière du trône, mais ses bonnes intentions ne sont pas suffisantes pour pardonner l'insuccès de la production.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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