Affiche du film  Le touriste
© Sony Pictures

Le touriste

Version en français
v.o.a. : The Tourist
10 décembre 2010

À qui profite le crime?

Photo Par Karl Filion

Si vous avez l'impression que les films hollywoodiens qui prennent l'affiche sur nos écrans chaque semaine sont toujours pareils, qu'ils refusent systématiquement l'audace en prétextant la légèreté, le plaisir, le divertissement, c'est à cause de films comme celui-ci. Des films prévisibles, communs, comme celui-ci connaissent toujours leur part de succès au guichet, ce qui donne l'impression à leurs artisans qu'ils font la bonne chose. Mais en fin de compte, qui sort gagnant d'un film comme The Tourist?

Depuis la chirurgie plastique qui l'a transformé, plus personne ne sait à quoi ressemble Alexander Pierce, un banquier recherché par Scotland Yard pour évasion fiscale. À Paris, son ancienne compagne Elise Ward fait l'objet d'une surveillance serrée de la police française. Suivant les indications de Pierce, elle prend un train pour Venise où elle choisit au hasard un étranger qu'elle fait passer pour le fugitif. La police et les criminels qui le poursuivent essaient donc de mettre la main sur Frank, un touriste américain impliqué bien malgré lui dans cette chasse à l'homme sur les canaux de Venise.

Misant sur le star power de ses deux vedettes, sur l'opulence de ses chambres d'hôtel et sur la beauté du paysage vénitien, The Tourist veut vendre du rêve. « Divertissement léger », dirait-on, une catégorie de cinéma où la simplicité est une qualité. Sauf qu'être simple, ça ne veut pas dire être idiot, et il faut voir les nombreuses entorses scénaristiques dont a besoin le film pour se poursuivre pour vraiment se désoler de l'insouciance avec laquelle les scénaristes ont abordé leur tâche. Difficile de dire si on essaie de faire rire, ou si on avait besoin de ces tricheries pour que le film puisse continuer.

D'autant que The Tourist manque affreusement de rythme. Si la première partie du film a ses quelques bons moments (entre autres la scène du train, qui offre la meilleure rencontre entre les deux vedettes, autrement assez froides et éloignées), la finale se perd dans d'innombrables et accablantes diversions qui retardent artificiellement une surprise qu'on voit déjà venir avant que le film commence. Miser sur un mystère qui est complètement raté, cela gâche beaucoup du plaisir : on devine rapidement la seule conclusion possible de cette histoire, en particulier dans un film destiné à un si large public. Une fois qu'on s'est attaché au personnage...

Il est impossible que les artisans, incluant le réalisateur Florian Herckel von Donnersmarck, ne soient pas pleinement conscients de ce qu'ils font ici. Réunir deux grosses vedettes (des valeurs sûres du box-office, comme l'était Tom Cruise à un certain moment; la preuve étant ainsi faite que ce statut, s'il vient avec de mauvais choix, peut être très éphémère) dans un film consacré au divertissement (avec la campagne marketing qui convient), c'est le gage de bons résultats au box-office. Suffit de ne pas faire de faux pas. Mais comme vous le dira ce touriste américain : si on ne se met pas en danger, on ne risque pas de faire de faux pas. On ne risque pas de s'amuser non plus, remarquez.

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Photo Karl Filion

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