Affiche du film  Le tombeau
© Les Films Séville

Le tombeau

Version en français
v.o.a. : Escape Plan
18 octobre 2013

Les portes du pénitencier

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Peut-être naïvement, je me disais que cette histoire était intéressante pour un film d'action brut, sans casse-tête, un film simpliste et opérant. Malheureusement, je n'avais pas mesuré la profondeur que nécessitait une histoire d'évasion comme celle-ci. Il faut une ingéniosité et une grande subtilité pour écrire un bon scénario d'évasion et comme ici le but premier était de livrer un film d'action pur, presque primitif, les efforts pour développer une intrigue cohérente n'ont pas été déployés de manière suffisante et c'est pourquoi nous avons droit à cette chose incomplète et barbare qu'on a du mal à supporter jusqu'au bout.

Dès les premières scènes, on comprend que l'intelligence et même l'intelligibilité ne sont pas des éléments qu'on a voulu mettre de l'avant. L'inconséquence débute à ce moment, quand le personnage réussit à s'évader d'une prison à haute sécurité grâce à des paramètres aussi disparates qu'une caserne de pompiers, un berlingot de lait, le quart de travail de pleutres fonctionnaires, une bible et une complice costumée. La tension n'est jamais vraiment soutenue, toujours freinée par des dialogues (inutilement) larmoyants et des combats à mains nues insignifiants.

Pour être entièrement honnête, il faut avouer qu'il y a peut-être une scène suffisamment angoissante pour être digne de mention; alors que le prisonnier arrive à s'échapper la première fois et découvre où se trouve réellement la prison. Mais cette séquence, aussi habile soit-elle (et encore là, il y a des bémols), ne justifie pas le visionnement de l'oeuvre dans son entier. La production arrive aussi à nous faire décrocher quelques sourires, et même un ou deux rires sentis, mais la plupart des passages « humoristiques » tombent aussi à plat que le reste du film. La comédie n'est pas le point fort de Schwarzenegger et Stallone et cela s'avère plutôt évident dans Escape Plan. C'est davantage le montage qui fait office d'humoriste au sein de la production.

Le personnage de Stallone est aussi plutôt inconséquent; on ignore les détails de son passé et lorsqu'on les apprend, la chose ne fait pas plus de sens. Ray Breslin ne devient jamais suffisamment sincère pour qu'on s'y attache. Et celui de Schwarzenegger est encore pire (si c'est possible). Évidemment, les acteurs ont fait leur fortune en incarnant des héros de ce type; froid, fort et fier, mais ils sont ici encore plus artificiels qu'auparavant. Peut-être y a-t-il aussi le facteur du temps qui influence la qualité d'une production (si on trouvait qu'un film était bon quand nous avions 8 ans, on le trouvera encore bon aujourd'hui parce qu'il nous rappelle des souvenirs heureux). Escape Plan est peut-être donc trop nouveau pour inspirer la frivolité et l'insouciance que les The Specialist, Judge Dredd ou Commando nous évoquent.

Quoi qu'il en soit, Escape Plan possède énormément de failles, des failles telles que même la testostérone de Stallone et Schwarzenegger réunie ne peut faire oublier.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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