Affiche du film The Soloist
© Paramount

Le soliste

Version en français
v.o.a. : The Soloist
24 avril 2009

À deux, c'est mieux

Photo Par Karl Filion

Voyage dans le temps pour Joe Wright, qui passe de luxuriants drames d'époque avec Keira Knightley à un duel d'acteurs oscarisables qui luttent pour la lumière des projecteurs. Robert Downey Jr., qui a déjà été plus en forme, et Jamie Foxx, qui frôle la caricature, s'offrent le véhicule nécessaire pour attirer l'attention de l'Académie. Leur seul problème : la saison est encore jeune et le film est en général assez morne pour qu'on les oublie d'ici les nominations de janvier prochain.

Le journaliste du Los Angeles Times Steve Lopez rencontre dans les rues malfamées de Los Angeles un violoniste schizophrène, Nathaniel Ayers, qui attire son attention. Apprenant que ce dernier a abandonné ses études à Julliard à cause des ses problèmes mentaux, il en fait la vedette de ses chroniques. Déterminé à l'aider, Lopez l'inscrit dans un centre qui vient en aide aux plus démunis, mais Nathaniel ne souhaite pas nécessairement recevoir de l'aide de ce qui pourrait bien être son seul ami.

Les deux comédiens sont efficaces même s'ils ont tous les deux déjà été plus inspirés. Aussi habiles dans les moments plus comiques que dans le drame pur, ils se donnent une réplique techniquement sans faille. Mais le tout n'est pas aussi senti qu'on pouvait l'espérer, en particulier lors de scènes improbables de colère. D'autant qu'on sent arriver le dénouement des milles à la ronde, et lorsqu'il arrive, ni la vivacité d'esprit de Downey Jr., ni la polyvalence de Foxx ne parviennent à occulter l'aspect moralisateur du ton.

Alors que Jeux de pouvoir, pas plus tard que la semaine dernière, proposait un regard subtil et intelligent sur l'évolution des médias modernes, Le soliste passe différents messages sans vergogne aucune. Disons que ce manque flagrant de subtilité détonne par rapport au regard social insistant qui célèbre l'humanité en arrière-plan. Un regard qui propose un commentaire social et qui est présenté avec une grande minutie par le réalisateur; on en est donc d'autant plus étonné quand les journalistes se demandent s'ils vont perdre leur emploi à cause de la baisse de tirage des journaux. Même chose lorsque Catherine Keener, aussi délicieuse soit-elle, se plaint du peu d'engagement de son ancien mari. Geignard et en profond décalage avec la colonne vertébrale du film. À l'opposé pourtant, le questionnement moral sur l'amitié est fascinant. Les seules audaces que se permet Wright semble plus incongrue qu'inspirées, en particulier un étrange voyage « spatio-temporel » à la 2001, qui est le modeste soubresaut d'un semblant d'audace.

Cinéaste classique, Joe Wright misait juste avec ses reconstitutions d'époques, parce que ces dernières se dédiaient entièrement à une poésie surannée charmante. En plein XXIe siècle, il n'est pas aussi efficace parce que le symbolisme est, ou bien moins bien efficace dans la réalité du quotidien, ou bien tout simplement moins bien ajusté et « aérien » que lors de ses précédents projets.

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Photo Karl Filion

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