Affiche du film  The Revenant
© 20th Century Fox

Le revenant

Version en français
v.o.a. : The Revenant
8 janvier 2016

Le coureur des bois invincible

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Intense est le mot à retenir ici. Iñárritu et Leonardo DiCaprio arrivent à maintenir une tension extrême du début à la fin. Jamais nos yeux ne quittent l'écran tellement l'émotion est à son comble. DiCaprio remportera très certainement son Oscar cette année avec cette performance à couper le souffle. L'acteur fait preuve d'une véhémence, d'une profondeur et d'une empathie peu commune. Tom Hardy est également incroyable dans le rôle de l'un des hommes les plus ignobles qu'on a eu la chance de voir au cinéma ces dernières années. Il faut également mentionner les brillantes interprétations de Will Poulter et Domhnall Gleeson, qui livrent, eux aussi, un jeu sans anicroche.

La caméra de Iñárritu est oppressante et empoignante. Mention spéciale pour la scène de l'attaque de l'ours qui est d'un réalisme et d'une violence saisissante. Avec ses gros plans et ses coupes franches, le réalisateur - très récemment oscarisé pour son film Birdman or (the Unexpected Virtue of Ignorance) - nous plonge dans une expérience cinématographique complète. Le cinéaste est parvenu à faire de The Revenant une oeuvre qui possède le public, qui l'obsède. Il faut une maîtrise exemplaire de son médium pour parvenir à empoigner autant le spectateur. Alejandro González Iñárritu est définitivement l'un des plus grands réalisateurs du moment à Hollywood et il nous le prouve encore avec cette production d'une intensité peu commune.

La trame sonore, qui habite le film comme une seconde peau, est aussi en partie responsable de la réussite dramatique de l'ensemble. Les décors et les costumes apportent également à la beauté et au panache de l'oeuvre.

Bien que l'oeuvre en est une exceptionnelle sur de nombreux aspects, une chose continue de m'agacer, soit son invraisemblance et son excès. Nous sommes ici au cinéma, et il se peut très bien qu'on retrouve des choses improbables dans un film; des Jedi et des Transformers ne sont pas particulièrement réalistes. Mais, contrairement à Iñárritu, Lucas et Bay ont installé leur récit dans un univers qui prêtait à cette science-fiction. Ici, on nous incite très fortement à croire que nous sommes en présence de faits réels, on appose même au film le sceau de l'histoire vraie question de rendre l'expérience d'autant plus incroyable. Le personnage de Leonardo Dicaprio survit à des supplices inimaginables alors que des dizaines et des dizaines d'hommes meurent à ses côtés d'une simple flèche. À la fin de la projection, on pouvait entendre les rires des cinéphiles dans la salle tellement l'immortalité du coureur des bois était absurde (et l'histoire ne prête pourtant pas à rire, croyez-moi).

Le seul bémol (peut-être pouvons-nous également souligner sa durée légèrement trop longue) de ce film réside dans son improbabilité qui nous détourne de la quête du superhéros. Mais, mise à part cette faiblesse narrative, The Revenant est stupéfiant et hypnotisant. Son intensité nous marque pour longtemps.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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