Affiche du film  The High Cost of Living
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Le prix à payer

Version en français
v.o.a. : The High Cost of Living
v.o.a.s.-t.f. : Le prix à payer
21 avril 2011

Amour coupable

Photo Par Karl Filion

Premier long métrage de la réalisatrice canadienne Deborah Chow, The High Cost of Living fait partie de cette catégorie de films qui sont portés par leurs personnages plutôt que par une vision radicalement originale du cinéma. Le schéma narratif y est donc primordial, tout comme l'évolution dite « psychologique » de personnages qu'on apprendra petit à petit à aimer, auxquels on s'attachera pour mieux vivre avec eux les émotions que propose le film. Dans cette catégorie spécifique de cinéma, The High Cost of Living est particulièrement bien exécuté, grâce à la simplicité de sa réalisation et au charisme de ses deux acteurs principaux.

Si les premières minutes du film s'avèrent assez précipitées - on a un ressort dramatique très circonstanciel à mettre en place : un Américain illégal au Canada, trafiquant de drogues, ivre au volant, frappe en pleine nuit une femme enceinte de huit mois qui a de fausses contractions dont le conjoint est obsédé par le travail et absent à ce moment-là, et qui fuit les lieux sans être vu, disons que ça n'arrive pas tous les jours (heureusement) - on retrouve par la suite une économie de moyens qui laisse parler le scénario et le jeu inspirés des comédiens.

Il est extrêmement aisé de ressentir de l'empathie pour une femme enceinte qui devra accoucher d'un bébé mort-né et qui le porte en attendant dans son ventre. C'est aussi habituellement les prémices à un flot ininterrompu de bons sentiments et de scènes larmoyantes qui imposeraient les émotions logiques à ressentir dans une telle situation (et qu'on ne peut réfuter). Or, parce que la réalisatrice ne s'y attarde pas exagérément, on saisit plus facilement l'urgence de la situation et on accepte plus aisément les quelques décisions impulsives et douteuses que prend la mère en question. La douceur et la profondeur du jeu d'Isabelle Blais rendent son personnage plus accessible, même si on ne peut puiser dans ses expériences personnelles pour s'y identifier.

L'interprétation enjouée et contrite de Zach Braff rend son personnage attachant lui aussi, si bien qu'on est face à dilemme assez bien amené : le réflexe de souhaiter le bonheur des héros prend-il le dessus sur la responsabilité du drame? Habituellement, on condamne assez facilement le méchant coupable et on est soulagé, émotionnellement, d'avoir pu déplacer ses frustrations réelles sur un responsable qui n'en souffre pas trop (parce qu'il est un personnage de cinéma). Mais cette fois, on a les deux réflexes, ce qui est assez rare.

Le film propose donc d'explorer cette zone d'ombre morale qui fait partie du réflexe de spectateur; il est de ce fait plus humain. Pour cette raison d'ailleurs, il se termine de la seule manière qu'il pouvait se terminer - la chute n'est donc pas à la hauteur du cheminement. Comme le sont d'ailleurs les scènes « utilitaires » (comme l'introduction) qui servent à mettre en place le mécanisme de la fiction; les manipulations sont tellement apparentes qu'elles sont moins efficaces.

Mais en chemin, on remarque le talent des acteurs (excepté peut-être Patrick Labbé, à qui la coiffure nuit particulièrement niveau crédibilité) et l'efficacité d'une réalisation simplifiée au maximum qui leur laisse toute la place. Et ça, ça ne sera jamais un défaut.

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Photo Karl Filion

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