Affiche du film The prestige
© Buena Vista Canada

Le prestige

Version en français
v.o.a. : The Prestige
22 octobre 2006

Brouiller les cartes

Photo Par Karl Filion

Christopher Nolan semble aimer les histoires complexes. Si son premier coup d'éclat - Memento, en 2000 - était raconté à l'envers, et ce nouveau film, qui fera office de tampon entre Batman et Batman, brouille les cartes dès le départ pour ne se délier qu'à la fin. L'histoire est déconstruite; entre le récit des aventures de Rupert Angier et d'Alfred Borden, le narrateur change constamment. Complexe, donc, mais le jeu en vaut la chandelle et la récompense finale est à la hauteur. D'autant que le chemin pour y arriver n'est pas désagréable du tout.

Bien différent de L'illusionniste, le film n'est pas tant une comédie romantique qu'un drame fantastique où on n'expliquera pas tout.

Rupert Angier et Alfred Borden sont deux anciens amis, devenus ennemis à la suite d'un tragique accident. Alors qu'ils deviennent tour à tour le magicien le plus populaire de Londres, leur conflit s'intensifie pour devenir une véritable lutte à finir dans la mort. Quand Borden parvient à réaliser le tour ultime de « l'homme transporté », Angier se rend en Amérique pour rencontrer Nicola Tesla et lever le voile sur le mystère.

Hugh Jackman et Christian Bale incarnent donc les deux magiciens rivaux. Deux belles performances très inspirées, mais c'est Jackman qui attire le plus l'attention. Après Wolverine dans X-Men, ce dernier montre qu'il est un acteur de talent, alors que c'était déjà fait pour Bale. Reste que leur lutte est très crédible, leurs émotions apparemment honnêtes et qu'il est très difficile de séparer le bon du méchant. Personne n'a rien à se reprocher ici, sauf peut-être les deux acteurs qui sont toujours extrêmement efficaces.

Nolan prouve qu'il sait utiliser le cinéma et ses mystères pour créer des moments d'un grande force. Oui, certains sont exagérés, particulièrement vers la fin, mais le monde fantastique de l'Angletterre de la fin du XIXe siècle dépeint ici est le cadre idéal pour toutes ces cachettes et ces secrets. Reste que le flair du jeune réalisateur est toujours aussi présent, que les scènes d'action sont bien filmées, et que les nombreux indices parsemés en chemin ne demandent qu'à être saisis; ce qui ajoute à la satisfaction du spectateur qui n'a pas l'impression de s'être fait berner.

On est plutôt envoûté par cet univers où tout peut se produire, d'autant que les personnages ont des quêtes envisageables et logiques, de véritables motivations pour faire ce qu'il font. Il y a bien une importante baisse de régime à un certain moment parce que le film s'étire, mais l'intérêt est par la suite ravivé.

C'est dire que Le prestige brouille les cartes pour mieux étonner. Il n'y va pas de main morte, d'ailleurs, lorsque vient le temps d'expliquer, mais il demeure jusque là un film très efficace. Plus de retenue au niveau de la finale aurait certainement ajouté au plaisir, mais on ne pourra pas dire qu'on n'a pas été enivré par cette histoire magique.

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Photo Karl Filion

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