Affiche du film  Le moine
© Métropole Films Distribution

Le moine

Version originale en français
7 décembre 2012

Le diable n'a que le pouvoir qu'on veut bien lui donner

Photo Par Karl Filion

Une belle opportunité ratée que ce film de Dominik Moll; pouvant compter sur la présence physique impériale de Vincent Cassel, sur une ambiance enivrante et sur un personnage d'antagoniste aussi terrifiant que signifiant, le film est gâché par un traitement trop télévisuel, des revirements à l'eau de rose invoquant à la fois un mysticisme intermittent et un romantisme incongru dans cet univers glauque, voilà un film dont on regrette sincèrement les choix douteux. Parce qu'il y avait là, bien caché, un film véritablement fascinant.

D'abord à cause de l'ambiance établie par Moll, qui est prenante, hypnotisante même. Dans un monastère près de Madrid, au XVIIe siècle, un charismatique prédicateur est la vedette de la région. Petit à petit apparaissent des personnages mystérieux qui invoquent à la fois philosophie et mystère. Tout est alors possible; on invoque le diable, et ce superbe personnage de grand brûlé forcé de porter un masque est un antagoniste parfait. Sa voix est superbe (et terrifiante). « Le diable n'a que le pouvoir qu'on veut bien lui donner. » Puis, tout déraille.

La division en « blocs », comme des épisodes de télévision, des thématiques, des lieux et des enjeux agace rapidement. On a toujours l'impression qu'on verra la suite la semaine prochaine, tellement le film arrive souvent à un état de finalité, d'équilibre, avant de repartir vers d'autres enjeux. Le film promet des péripéties, puis les rejette du revers de la main, lui donnant une allure de feuilleton de fin d'après-midi. Malgré l'ambiance glauque et mystique. Allez comprendre.

Cassel est bon, comme ses partenaires de jeu, mais il est lui aussi victime de ces revirements inégaux qui bouleversent régulièrement le ton.  Difficile dans de telles circonstances de véritablement incarner un personnage, même s'il est richement écrit. Les personnages secondaires en souffrent tout particulièrement, eux qui n'ont pas grand chose à jouer lors de très courtes apparitions. Évoqués par bribes, aucun d'entre eux ne semble être pris au sérieux. Surtout que le dénouement - prévisible au demeurant - n'implique pas les plus importants, les récits ayant été abandonnés en cours de route.

Au final, voilà un film prometteur qui n'a pas su être à la hauteur de ses ambitions - non, disons plutôt : qui n'a pas eu suffisamment d'ambitions (et peut-être de moyens) pour s'accomplir entièrement. C'est d'autant plus désolant que de telles thématiques sont très peu souvent abordées de manière mature, et qu'on croyait bien que cette fois, ça y était. Mais la réalisation simpliste n'est tout simplement pas à la hauteur. Pour finir avec un  jeu de mot douteux : le diable est dans les détails.

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Photo Karl Filion

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