Affiche du film  Le magasin des suicides
© Les Films Séville

Le magasin des suicides

Version originale en français
18 octobre 2012

Pas de remboursement

Photo Par Karl Filion

Est-ce que Le magasin des suicides est la définition même de la comédie dramatique? Un film avec d'un côté des blagues, des chansons, une famille unie - un film d'animation au demeurant - mais qui parle de suicide, en détail et avec des images. Quel étrange mélange, qui se traduit en une effusion de sentiments contradictoires lors d'une introduction bouleversante - mais joyeuse - où on a le temps de connaître des personnages, de les voir choisir un moyen de mourir et de s'exécuter (oui, le jeu de mots est voulu). L'humour noir à son paroxysme...

Si on est déstabilisé en premier lieu, on finit par être convaincu, et même par rire de ces quelques blagues bien trouvées si on n'est pas trop sensible. C'est ironique, c'est noir, c'est tragique... C'est aussi profondément incorrect. Puis, le récit recentre son attention sur le petit Alan, un enfant inconditionnellement heureux, que rien de démoralise, tout simplement. Sa bonne humeur d'enfant pourra-t-elle sauver la ville de sa morosité? Voilà qui nous met en face du principal problème du Magasin des suicides : à qui s'adresse-t-on?

Si on s'adresse à un public adulte capable de comprendre et de supporter les tragiques références à la mort volontaire (« sui », soi, et « cidium », tuer), les chansons et les enfantillages sembleront particulièrement puérils, peut-être même interminables. Si, au contraire, on s'adresse à des enfants avec des chansons rythmées et de jeunes personnages attachants et mignons, on ne peut pas aborder de tels sujets - enfin, on peut, mais aucun parent n'emmènera sciemment son enfant voir un tel film, d'ailleurs classé « 13 ans et + / Violence » par la Régie du cinéma.

Ce qui nous mène dans une impasse, bien différente que celle où est située la Maison Tuvache. Les dessins sont fort jolis, les chansons convaincantes, et les concepteurs du film (qui est d'ailleurs tiré d'un livre de Jean Teulé) font preuve d'une étonnante créativité pour illustrer et dynamiser un sujet particulièrement lourd qui est souvent impardonnable (ce jeu de mots là n'était pas voulu). Dommage que la deuxième partie du film soit si peu convaincante, trop longue et redondante.

Avant de conclure, il ne faudrait surtout pas oublier de mentionner le superbe travail vocal des comédiens principaux, qui sont particulièrement convaincants, et qui livrent avec passion des très jolies chansons... malgré leur sujet particulièrement glauque. Mais c'est justement là-dessus que mise le film; avec un certain succès dans la première partie, et avec moins d'efficacité dans la seconde. Comme si le bonheur n'avait rien d'intéressant à ajouter.

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Photo Karl Filion

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