Affiche du film Pan's Labyrinth
© Alliance Atlantis Vivafilm

Le labyrinthe de Pan

Version en français
v.o.esp.s.-t.a. : Pan's Labyrinth
v.o.esp.s.-t.f. : Le labyrinthe de Pan
v.a. : Pan's Labyrinth
23 janvier 2007

Les enfants de Saturne

Photo Par Karl Filion
Le cinéaste Guillermo Del Toro réalise un film qui a le flair visuel qu'il travaille depuis des années avec ses adaptations de comic-books, mais qui y ajoute une rigueur scénaristique et une belle intensité dramatique, malheureusement inégale. Une expérience unique et intrigante.

Après Blade II et Hellboy, Guillermo Del Toro quitte le monde des adaptations de bandes-dessinées - au moins dans le fond, un peu moins dans la forme - pour prendre d'assaut un sujet sensiblement plus délicat, celui de la dictature franquiste à travers le personnage d'Ofélia, qui se réfugie dans un monde imaginaire pour échapper à la froideur et la dureté de son nouveau beau-père. Aussi bien dire l'Espagne toute-entière, mièvre et soumise à Franco.

Alors qu'elle est enceinte, Carmen décide de rejoindre son nouvel époux, le général Vidal (incarné jusque dans la peau par l'acteur français Sergi Lopez, terrifiant) dans un poste de commandement reculé où se dernier s'applique à traquer et à assassiner les derniers rebelles. La petite Ofelia, de nature rêveuse, n'a d'autre choix que d'accompagner sa mère. Elle s'aventure bientôt dans un labyrinthe situé à proximité, où elle fait la rencontre d'un faune, Pan, qui la couronnera princesse si elle parvient à accomplir trois épreuves avant la prochaine pleine lune.

Sous l'influence évidente de Goya, Del Toro crée un univers éclaté et coloré où la petite Ofélia est confrontée à des démons symboliques et lugubres. Un échappatoire peu rassurant puisque la réalité n'est pas beaucoup moins sinistre; la torture y précède la mort, la violence et la cruauté y sont quotidiennes. Une réalité moins inspirée, d'ailleurs, parce que trop convenue. Le film ne prend vraiment son envol qu'avec ses personnages tout droit sortis de l'imaginaire fascinant du film; les moments réalistes étant en comparaison bien pâles.

Un conte de fées pour les grands, où les fées sont remplacées par diverses créatures mystiques et le prince charmant par un faune manipulateur et hypocrite. Des visions cauchemardesques, déstabilisantes, mais qui piquent immanquablement la curiosité. D'autant que les personnages sont développés avec minutie, leur psychologie étant un point important du succès du film.

Au final, l'expérience du Labyrinthe de Pan est marquante, mais pas entièrement convaincante. En deux temps, les trop longues séquences réelles font regretter les trop courtes séquences oniriques. Avec sa direction artistique exemplaire et riche, dommage que le film demeure trop conventionnel dans son développement dramatique. Visuellement convaincant, Le labyrinthe de Pan s'inscrit dans la mémoire comme une vision d'horreur, un cauchemar mystérieux qu'on ne veut pas nécessairement revivre... parce que trop effrayant.
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Photo Karl Filion

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