Affiche du film  Le Hobbit: Un voyage inatendu
© Warner Bros. Canada

Le Hobbit : Un voyage inattendu

Version en français
v.o.a. : The Hobbit: An Unexpected Journey
13 décembre 2012

Alea jacta est

Photo Par Karl Filion

Après une longue mais instructive introduction narrée par Bilbo Baggins, quelques clins d'oeil amusants aux trois films de la trilogie précédente, on a droit à... une autre longue introduction qui présente pratiquement un à un les nains qui composeront la confrérie qui tentera de reconquérir Erebor, la montagne solitaire de la Terre du Milieu, dont ce film-ci est en fin de compte... l'introduction.

Car même après 2h50, le récit est loin d'être bien avancé, dans The Hobbit: An Unexpected Journey. Tout est encore à faire, et pourtant tout a déjà été fait; construit de la même manière que ses prédécesseurs, ce film répète en quelque sorte les mêmes séquences : on affronte des orques, des trolls, un petit être démontre beaucoup de courage et un race grandiose d'animaux ou d'elfes vient sauver nos héros pour qu'ils poursuivent leur quête. Toutes ces séquences sont très jolies, souvent assez habilement filmées, même si elles sont relativement redondantes.

Ici, on ne sauve pas le monde comme dans Lord of the Rings, on met en place des personnages, des contextes, des races et des mondes pour quelque chose qu'on sent plus grandiose (et qu'on a déjà vu). Vu ce qu'on sait, est-il vraiment utile de placer une épée sur la gorge de Gollum pendant de longues minutes? Quelqu'un ira-t-il jusqu'à croire qu'il y a un risque qu'il soit égorgé? Quelqu'un doute-t-il que Bilbo sorte de cette grotte avec l'anneau? Tout de cette histoire s'est déjà jouée.

Il ne reste que l'univers, auquel on est certainement attaché, qu'il faut plaisir de retrouver, d'autant qu'il est luxuriant et magnifique. Un souci du détail impressionnant et des effets visuels à la fine pointe sont très impressionnants eux aussi. Peut-être trop d'ailleurs. Comment est-ce possible? Tout est si parfait, si finement défini, qu'on ressent la manipulation, le « travail ». Et il y a un grand coupable pour cela : la projection en 48 images par seconde plutôt que les 24 habituelles.

Les 48 images par seconde sont un changement si profond qu'il est normal qu'il déstabilise légèrement. Mais ici, il faut aller plus loin : la technologie est presque fatale au film, tellement elle rend absurde cet univers dont la « crédibilité » n'est déjà pas la plus grande force. S'il faut en plus qu'on ait l'impression de voir du théâtre filmé en accéléré, plus près du Coeur a ses raisons que de LOTR, où chaque geste est affreusement découpé, chaque mouvement ridiculement burlesque, et tout ça sans plus-value apparente, on a vraiment un problème majeur, car il devient difficile d'adhérer à l'histoire alors qu'on s'efforce encore de comprendre ce que l'on voit.

Il y a encore des dizaines d'histoires à tirer du monde foisonnant de la Terre du Milieu. C'est d'ailleurs ce qui a fait la grande qualité des oeuvres de J.R.R. Tolkien et qui a contribué à leur succès : leur ampleur, leur soif de grandeur. Ironiquement, c'est peut-être ce qui nuit le plus à The Hobbit: An Unexpected Journey, qui tente de trop en faire et qui du même coup s'éloigne des forces de l'oeuvre de Tolkien, dont la principale est une histoire engageante et des personnages attachants. On les cherche encore cette fois-ci.

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Photo Karl Filion

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