Affiche du film  Le Hobbit: La désolation de Smaug
© Warner Bros. Canada

Le Hobbit: La désolation de Smaug

Version en français
v.o.a. : The Hobbit: The Desolation of Smaug
13 décembre 2013

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Photo Par Karl Filion

On a un peu l'impression de se répéter. La dernière fois, avec The Hobbit: An Unexpected Journey, on parlait d'un film trop long mais réussi visuellement, qui souffrait de la comparaison avec les trois films de la trilogie The Lord of the Rings. Cette fois-ci, c'est pareil, le film est encore trop long, et les personnages sont toujours beaucoup moins attachants que ceux de la première trilogie, même si Legolas fait une apparition remarquée. Encore une fois, le récit est construit de la même manière : on marche un peu, on rencontre un problème, on est sauvé miraculeusement par une intervention surnaturelle puis on se remet à marcher jusqu'au prochain problème...

Certes, les nouveaux personnages sont pour la plupart intéressants, incluant Tauriel, une elfe qui n'était pas dans le livre - incarnée correctement par Evangeline Lilly - inventée pour ajouter une touche féminine à l'histoire. Dommage que pour les auteurs, « touche féminine » signifie histoire d'amour un peu absurde, car la présence des elfes mène souvent aux scènes de combats les plus impressionnantes et les plus dynamiques. The Hobbit: The Desolation of Smaug a au moins ça de bien : les scènes de bagarres sont bien chorégraphiées et les effets spéciaux fort efficaces, même si on peine à trouver le sous-texte thématique.

Sinon, comme à chaque film, Peter Jackson parvient à créer un univers cohérent où la mythologie est généralement respectée; les costumes, maquillages et décors sont foisonnants de détails qui facilitent l'immersion. Contrairement aux films de la trilogie LOTR cependant, on n'a pas d'acteur charismatique pour s'accrocher au récit, Martin Freeman étant correct, sans plus, les nains trop rustres et trop nombreux pour êtes attachants et Gandalf rapidement isolé.

Les longueurs sont véritablement le principal problème du film; aux longues scènes dialoguées s'ajoutent des digressions et des personnages secondaires qui ne trouvent pas encore leur raison d'être après près de six heures de film (on verra dans le troisième film, attendu l'an prochain). Heureusement, dans le dernier tiers, les nombreuses histoires menées en parallèle redynamisent un peu le récit, même si toutes les trames n'ont pas le même intérêt. Il faut cependant souligner une amélioration notable par rapport au film précédent : les péripéties sont moins directement liées aux événements de la quête de l'anneau, on a moins souvent l'impression que tout est déjà accompli.

Au final, The HobbitThe Desolation of Smaug est la suite obligée d'un film qui était l'introduction obligée de ce qui devra être un très grand film pour rescaper cette trilogie beaucoup moins réussie que LOTR. La recette est appliquée avec le même soin par un réalisateur qui maîtrise et connaît cet univers, mais le matériau de base semble être étiré inutilement. La présence du dragon Smaug, attendue vu la promesse du titre, est symptomatique : visuellement stupéfiante, elle est redondante et on est toujours en attente de son impact sur le récit principal. Même chose pour le film en entier.

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Photo Karl Filion

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