Affiche du film  Le grand soir
© Walt Disney Pictures Canada

Le grand soir

Version en français
v.o.a. : Prom
29 avril 2011

Mon heure de gloire

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Le bal des finissants est un évènement important, charnière, dans la vie des jeunes femmes nord-américaines (toutes celles qui osent prétendre le contraire mentent; sachez-le), mais l'est-ce vraiment à ce point? La comédie pour adolescents nous expose le sujet comme s'il était de conséquences mondiales, presque apocalyptiques. On peut, bien entendu, interpréter cette gravité en s'imaginant qu'elle est une représentation de l'engouement démesuré que vivent les finissants à la veille de ce nouveau départ, mais l'oeuvre manque invariablement de nuances. Il y a peut-être ce personnage de voyou romantique qui amène un certain bémol en parlant de cette soirée comme d'un événement parmi tant d'autres, saturé de futilités et d'artifices, mais, même ce rebelle « non-conformiste » finit par céder à l'enchantement des frivolités juvéniles.

L’idée de Disney de produire un film choral sur ces festivités annuelles avec des visages - pratiquement tous - inconnus était bien entendu un concept peu coûteux qui ne pouvait qu'être rentable - quelques publicités avant la série-télévisée Glee, des bandes-annonces précédant Justin Bieber: Never Say Never, et le tour est joué niveau marketing. Malheureusement, le studio, peut-être trop enthousiasmé par la facilité avec laquelle il pourrait vendre une telle idée à son jeune public, a considérablement négligé la qualité du scénario, le charme général de ses protagonistes. Le problème principal n'est pas que l'on y retrouve tous les clichés du genre (c'est inévitable et on l'accepte d'emblée); la fillette sage et l'impénétrable garnement, le garçon timide follement amoureux de la jeune première, le roi du bal infidèle et sa pauvre copine, etc., mais bien qu'aucun de ces récits ne semble vrai, authentique. Les personnages sont si grossièrement illustrés et malhabilement incarnés qu'ils ne nous permettent à aucun moment de nous attacher à eux, de sympathiser avec leurs malheurs, qui, malgré leur caractère stéréotypé, restent, dans l'ensemble, important.

L'hypothèse soutenant que le bal de finissants du secondaire est un événement unique et important pour tout le monde, même s'ils ne l'avouent pas tous, aurait probablement été mieux illustrée à travers le genre du faux documentaire ou, simplement, celui d'une comédie romantique traditionnelle. Le fait qu'on ait développé l'histoire sous forme d'un film choral nuit beaucoup au rythme du récit, qui ne réussit jamais à dépasser le stade de l'observation - on constate les problèmes des héros sans jamais se sentir interpelé. Si pourtant on avait su stimuler davantage la flamme nostalgique des adultes et les aspirations utopiques des adolescents, l'audience féminine (de tout âge) serait facilement tombée dans le piège de la séduction, mais il a fallu qu'on opte pour la simplicité, pour la futilité.

Prom n'apparaitra très certainement pas parmi les films pour adolescents les plus marquants de la décennie (on est bien loin de Easy A et même de Twilight). L'oeuvre semble avoir été bâclée, presque comme si les producteurs n'avaient jamais vraiment cru à un vrai succès, alors ils ont travaillé pour obtenir des résultats moyens, ce qui, bien évidemment, ne donne jamais la note de passage. Et ça, même les étudiants du secondaire le savent...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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