Affiche du film  The Sitter
© 20th Century Fox

Le gardien d'enfants

Version en français
v.o.a. : The Sitter
9 décembre 2011

Super-bad

Photo Par Karl Filion

Il n'y a rien à dire sur The Sitter. C'est assez mal venu de commencer une critique en disant ça, mais c'est vrai. Je ne vous en voudrais même pas de ne pas lire cette critique jusqu'au bout (pas que je vous en veuille habituellement...). Voilà un film neutre. Il ne sert à rien, ne propose rien, n'est pas particulièrement raté, mais recycle mollement des idées et des concepts vus des centaines de fois dans d'autres comédies du même genre qu'on a déjà oubliées. Même les acteurs semblent s'ennuyer. On ne rit presque pas, mais on s'est déjà plus emmerdé dans une salle de cinéma. Jonah Hill est fidèle à lui-même, assez attachant tout de même, mais encore là, à quoi bon?

Hill offre les seuls bons moments du film alors qu'il démontre parfois un peu d'intelligence et de créativité face aux nombreux problèmes auxquels il fait face au cours de cette nuit plutôt mouvementée où il doit garder trois enfants turbulents tout en essayant de trouver de la cocaïne pour sa blonde, qui ne l'aime pas vraiment de toute façon. Son sens du timing comique impeccable sauve littéralement le film de la catastrophe.

The Sitter n'a pas l'ambition de bousculer quoi que ce soit ou de proposer une quelconque nouveauté. C'est apparent jusque dans la réalisation souvent maladroite de David Gordon Green et dans cette panoplie de personnages secondaires désagréables et inintéressants. C'est un one man show qui met en vedette Hill et il n'y a que lui à voir. Le reste, improvisé, burlesque même par moments, tombe rapidement à plat. Dommage, car les premières minutes du film laissaient présager une audace bienvenue dans le traitement de la sexualité et dans cette relation malsaine entre le héros et sa copine. Une audace qui ne se matérialise jamais.

Le film n'est d'ailleurs pas assez réaliste pour proposer une analyse des moeurs actuelles de personnages cohérents comme le faisait avec tant d'efficacité Superbad, par exemple. Ici, les enfants sont trop absurdes pour être amusants, en particulier Rodrigo, sorte de wannabe gangsta latino amateur d'explosions qui a toujours envie de pipi. Ce n'est pas très amusant et c'est surtout très prévisible. La petite Blithe est très mignonne, mais son personnage n'est jamais vraiment intégré à l'histoire à l'exception de quelques blagues scatologiques. Qui fait encore ce genre d'humour en 2011-bientôt-2012?

Le problème est évidemment que le film n'est pas assez drôle à cause de cela. Les blagues semblent plaquées ça et là, les situations tournées et tordues pour mener à une tentative d'humour prévisible (et forcé). Disons que les quelques blagues de drogue sont particulièrement convenues. Ça marche une fois ou deux, mais c'est tout. Dommage parce qu'on peut apercevoir d'excellentes idées à quelques endroits dans le film, alors que le personnage principal, Noah, s'intéresse vraiment à ces enfants très spéciaux, dont à Slater, lors d'une très belle scène. Mais c'est trop peu trop tard. De la part de David Gordon Green, qui nous a donné Pineapple Express, on était en droit de s'attendre à mieux.

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Photo Karl Filion

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