Affiche du film  Le garçon d'à côté
© Universal Pictures

Le garçon d'à côté

Version en français
v.o.a. : The Boy Next Door
23 janvier 2015

Un soir de pluie les lumières fermées

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Nous nous doutions bien que The Boy Next Door n'était pas un chef-d'oeuvre du genre, qu'il serait parsemé de clichés puérils et de répliques grotesques, c'était une évidence avant même le début de la projection, mais nous aurions quand même espéré un peu plus de tonus que cet artifice invertébré qu'on nous présente comme un ardent thriller sexuel.

Il n'y a rien dans ce film qui nous permet de l'épargner, mis à part peut-être les abdos de Ryan Guzman et la scène de sexe haletante du début qui peut peut-être satisfaire certaines spectatrices qui aurait justement payé pour ces quelques minutes d'érotisme, responsable de la cote R aux États-Unis. Déjà, la mise en contexte de l'histoire nous promet un scénario troué et quelconque. On y comprend, par des flashbacks entrelacés d'une bêtise prosaïque, que la mère d'un adolescent tente d'oublier les aventures extraconjugales répétées de son mari. On y introduit aussi une des scènes les plus absurdes de la production mettant en scène Jennifer Lopez et une porte de garage. Entre alors le nouveau voisin sexy d'à peine vingt ans, exhibitionniste et entreprenant. Un soir de pluie, les lumières fermées, arriva ce qui devait arriver, la mère de famille tombe dans les bras du bel inconnu, qui (oups!) se révèle être un assassin.

À partir de là, rien n'est plus surprenant; il deviendra obsédé par elle, voudra faire du mal à son mari, à son fils, à ses amis, jusqu'à ses élèves. La scénariste Barbara Curry peut difficilement clamer l'originalité. Même si on ne parle pas ici d'un remake, on sent les ressemblances évidentes avec Fatal Attraction, et toutes ces autres productions semblables qui en ont découlé après, comme Swimfan, One Hour Photo, et bien d'autres. Les personnages imaginés par Curry prennent des décisions absurdes et plusieurs d'entre eux, dont l'ami assistante directrice, n'arrive pas à prouver leur nécessité au sein du récit. Les acteurs qui les interprètent ne parviennent pas non plus à se démarquer. Leur jeu est aussi insipide que l'histoire dans laquelle ils baignent. Ce n'est pas aujourd'hui que la réputation d'actrice de Jennifer Lopez sera rétablie.

Il y a, dans ce film, tellement d'inepties et d'absurdités qu'on a du mal à se laisser transporter comme nous le devrions. Un personnage qui cherche une vidéo partout dans la maison jusqu'à qu'elle finisse par la dénicher dans un ordinateur dans un dossier appelé « Vidéos de Claire » ne peut que nous consterner, tout comme un policier qui montre les carcasses d'une voiture qui a pris feu dans un accident à une femme qu'il ne connaît pas, seulement parce qu'elle le demande.

Même l'intensité qu'on tente d'établir dans ce film n'est pas crédible. Lorsqu'elle devrait être à son comble - dans la scène finale - elle atteint plutôt des sommets de bêtise, et c'est sans parler de cette conclusion précipitée qui nous confirme l'abrutissement de ce long métrage lourdement déficient de Rob Cohen. Un autre navet pour J-LO...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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