Affiche du film  Le frelon vert
© Sony Pictures

Le Frelon Vert

Version en français
v.o.a. : The Green Hornet
14 janvier 2011

L'abeille et le cochon

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il y a tellement de films de super-héros qui envahissent nos écrans depuis quelques années qu'ils se doivent d'user d'originalité, de personnalité, pour attirer suffisamment notre attention jusqu'à nous amener à nous déplacer dans les cinémas. Ce n'est pas que The Green Hornet n'est pas un bon film, au contraire, certaines scènes de combat sont étonnantes, presque architecturales, et la performance de Jay Chou éblouit du début à la fin, mais est-ce suffisant pour faire compétition à l'égocentrisme-chic d'un Iron Man ou à la grave mélancolie d'un Batman?

Lors de la mort de son père, Britt Reid hérite de sa fortune ainsi que de son journal, qu'il dirigeait avec intégrité, Le Daily Sentinel. Britt, un fêtard égocentrique et irresponsable, fait alors la connaissance de l'assistant personnel de son défunt père, Kato. Ce dernier est un expert en matériel de haute technologie ainsi qu'en mécanique. Les deux hommes, déçus par le taux de criminalité de la ville, décident d'unir leurs forces dans le but de nettoyer la ville de tout ses criminels.

Dès l'annonce de la nomination de Seth Rogen dans le rôle du Frelon Vert, tous étaient particulièrement perplexes face à l'efficacité de l'acteur, tant au niveau de son physique qu'à celui de ses capacités dramatiques (puisque l'on sait tous que sous chaque super-héros se cache un homme troublé et/ou assoiffé de vengeance et que l'acteur qui l'incarne doit avoir la carrure d'assumer). On aurait espéré que Rogen prouve à tous les critiques et les cinéphiles que l'étendue de son talent est plus large que ce qu'on envisageait au premier abord, mais, tristement, comme la plupart le prévoyaient, Rogen est percutant et convaincant dans les scènes comiques mais livre une performance plutôt discutable lors des séquences plus graves. Son acolyte, Jay Chou, est par contre d'une efficacité constante. Grâce à sa performance, les portes d'Hollywood sont désormais officiellement ouvertes à l'acteur taiwanais, lui garantissant une visibilité et un rayonnement international.

Le scénario rythmé, parfois burlesque (le moment où Rogen et Chou s'entretuent est particulièrement délicieux) parfois songé (le combat pour l'intégrité dans le travail journalistique est, même si superficiel, pertinent), manque au final d'audace et de témérité. Tout comme la réalisation qui, même si parfois s'aventure dans des ralentis et des accélérés sporadiques, ne semble pas trouver son indépendance, son caractère propre, et ne réussit donc pas à se distinguer. Peut-être que le réalisateur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind a préféré rester sobre, accessible, mais dans le monde du cinéma - et principalement dans l'univers des films de super-héros - la réserve et le conformisme sont rarement la voie vers le succès.

Même si, généralement, on utilise le 3D avec discernement et maîtrise, même si le super-héros, dans son ingénuité, possède un caractère attachant et cocasse, il n'en reste pas moins que The Green Hornet n'obtiendra pas le succès de ses prédécesseurs. Peut-être que pour convaincre le spectateur il faut maintenant oser davantage, comme l'a fait Kick-Ass, ou utiliser le charisme d'un acteur, comme avec Downey Jr. dans Iron Man, mais ce qui est certain, c'est que le film de héros du français Michel Gondry semble malencontreusement en manque de « super ».

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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