Affiche du film Le diamant de sang
© Warner Bros. Canada

Le diamant de sang

Version en français
v.o.a. : Blood Diamond
8 décembre 2006

Le sang des autres

Photo Par Karl Filion
Un film qui se prétend moral. Moralisateur, un peu, mais surtout moral. Les diamants sales, c'est mal, et il ne faudrait pas en acheter. Et c'est bien vrai. Mais se servir des autres comme boucliers humains pour faire son chemin à travers une fusillade, honnêtement, ce n'est pas très moral non plus.

Le réalisateur Edward Zwick, à qui l'on doit Le dernier samouraï, réalise un film un peu dans le même esprit, mais plus engagé. Ici, le commerce des diamants sales, qui financent les organisations terroristes et qui fiancent les couples bourgeois de l'Occident. Un sujet intéressant d'autant qu'il est d'actualité. Un peu comme son film précédent, Le diamant de sang met en scène un héros déterminé et qui subira un profond changement intérieur. Les paysages montagneux rappellent aussi le Japon. Et ce mélange entre romantisme et action. Mais les comparaisons s'arrêtent là.

Danny Archer, ancien mercenaire, négocie avec des organisations terroristes du Sierra Leone les diamants sales récoltés dans les rivières et leur fournit des armes. Lorsqu'il apprend qu'un homme, Salomon, qui a perdu sa famille lors de l'attaque de son village, a caché un très rare diamant rouge, il mettra tout en oeuvre pour le retrouver.

Réglons tout de suite les choses simples. Le diamant de sang est un divertissement d'action impressionnant. Les démonstrations de force sont nombreuses et régulières, les méchants sont sans pitié et caractérisés par leur cruauté. Et le film offre aussi son lot de romantisme, assez efficace pour peu qu'on apprécie. Quelques leçons familiales viennent agrémenter le tout, pour offrir un mélange d'à-peu-près tout ce qu'on pouvait espérer d'un blockbuster du genre.

Sauf que c'est dans sa thématique même, qui est tout à fait louable, que le film trébuche. Il faut voir le nombre de figurants sacrifiés pour que nos deux héros fassent (lentement, très lentement) leur chemin vers le pardon. Peu importe que des dizaines de gens meurent pourvu qu'on sauve son fils. Si on est un manipulateur sans scrupules, on finira bien par se sacrifier pour sauver ceux-là même qu'on voulait tromper. Non seulement c'est très facile, mais c'est aussi prévisible. Et la thématique des enfants-soldats, à peine effleurée, devient à peine un fait divers dans un tabloïd tellement l'avarice et l'insouciance des personnages prend toute la place. Ajoutez à cela que le film souffre de nombreuses longueurs; le film et son message sont donc dilués dans ce souci de vouloir faire un film d'action satisfaisant plutôt qu'un film à controverse.

De là à dire que Leonardo DiCaprio (encore dans un grand rôle) n'est pas à la hauteur ou que le réalisateur ne parvient pas à manipuler à son tour pour créer sur l'écran l'émotion qu'il faut, au moment opportun, il y a un pas, et on n'osera pas le franchir. Les moments qui doivent être émouvants le sont souvent, ceux qui doivent détendre l'atmosphère y parviennent régulièrement. Mais ce n'est pas assez. On n'a pas prouvé que les diamants sales et la guerre n'étaient pas que des prétextes, ici, pour faire un coup d'éclat au box-office.
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Photo Karl Filion

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