Affiche du film  The Accountant
© Paramount Pictures

Le comptable

Version en français
v.o.a. : The Accountant
14 octobre 2016

Manque de fonds

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Ben Affleck est arrivé à redorer son image au cours des dix dernières années grâce à ses nouvelles fonctions de réalisateur, mais on ne peut pas dire qu'il était un acteur chouchou du public avant cela. Il y a eu certes quelques performances mémorables avant 2007, mais toujours dans des rôles secondaires accessoires. David Fincher (l'un des plus grands de sa génération, est-ce nécessaire de le mentionner?) a cru en Ben Affleck, l'acteur, puis lui a accordé le premier rôle du magistral Gone Girl. Depuis, on avait l'impression que le comédien de Gigli avait entrepris une nouvelle ère et ferait désormais des choix de carrière plus judicieux. C'était avant de voir The Accountant...

Le film d'action qui flirte (souvent malhabilement) avec le suspense financier manque de tonus et surtout d'harmonie et d'équilibre pour atteindre sa cible, une chose plutôt ironique considérant que le protagoniste de l'intrigue est un autiste ayant besoin d'ordre et de méthode pour fonctionner. The Accountant mélange allègrement les scènes d'une haute intensité dramatique, puis les séquences d'action rapide, puis les flash-back (mal intégrés d'ailleurs) et s'amorce dans un flash-forward maladroit. Le long métrage de Gavin O'Connor manque de contextualisation au sein de son intrigue pour permettre aux spectateurs de s'attacher à ce personnage asocial. Il est ardu de rendre sympathique un protagoniste qui n'apprécie pas les contacts humains et malgré les efforts sentis du scénariste (insufflant à son histoire une touche d'humour et de légèreté), The Accountant n'aura pas su relever le défi.

Ben Affleck lutte pour faire de Christian Wolff un être aimable, mais ses efforts sont vaincs. Statique et froid, le personnage ne peut se détacher de cette invraisemblance qui lui colle à la peau. Un autiste tueur à gages et comptable agréé c'est difficile à avaler, même avec la meilleure volonté du monde et des textes maîtrisés (ce qu'on ne retrouve pas, rappelons-le, dans The Accountant). Anna Kendrick est rafraîchissante grâce à sa candeur, mais apparaît trop peu à l'écran pour que son ingénuité vienne balancer la rigidité du protagoniste. Et cette semi-histoire d'amour qui naît entre les deux personnages marginaux frise le ridicule.

Les autres acteurs n'arrivent pas, non plus, à tirer leur épingle du jeu, soit parce que leurs liens avec le protagoniste sont trop abscons (comme ces deux agents fédéraux joués par J.K. Simmons et Cynthia Addai-Robinson), soit parce qu'ils ne sont pas suffisamment crédibles (comme ce méchant stéréotypé, incarné par Jon Bernthal).

The Accountant aurait pu être carabiné et ingénieux, comme le prétendait d'ailleurs son intrigante bande-annonce, mais il s'avère un film d'action sans nuances. Heureusement, on l'aura vite oublié.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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