Affiche du film  Le colis
© Les Films Séville

Le colis

Version originale en français
31 mars 2011

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Photo Par Karl Filion

On dira ce qu'on voudra... il n'y a rien de mieux qu'une bonne comédie. Pour se changer les idées, pour oublier son quotidien, pour vivre un peu d'exotisme, pour rire, tout simplement. Rien de mieux qu'une bonne comédie... il paraît. Parce qu'on commence à avoir hâte, là, de voir une vraie bonne comédie québécoise : quelque chose de pas trop cave, avec des idées nouvelles, de l'humour, du charme. On l'attend depuis longtemps, cette comédie, et l'arrivée dans les salles de ce Colis... ne changera rien : il va falloir continuer à attendre.

Mettant en scène l'improbable duo d'un riche propriétaire d'immeubles et d'un courrier cassé, Le colis est un film sans cause et sans utilité. On n'y trouve pratiquement aucune idée nouvelle, aucune observation savante ou aucune innovation cinématographique. Le vide. On dirait un réchauffement, réalisé pour ne pas perdre la main, pour ne pas être trop rouillé quand viendra le temps de faire quelque chose de sérieux (la comédie, c'est sérieux!). L'exercice est vain, et on voit mal qui pourra en profiter. Humainement parlant, rien à faire, et financièrement... on peut en douter.

La réalisation impersonnelle et le montage sans rythme ne sont pas les seuls problèmes du film : le scénario, ridicule, est construit sur un quiproquo assez lourdement amené, comme si on voulait être bien certain que tout était très très clair. Le personnage a-t-il des problèmes de jeu? Cet autre a-t-il des problèmes d'argent? L'énergie d'Emmanuel Bilodeau et la patience de Gildor Roy n'y peuvent rien, ces personnages sont minces et n'ont pas le charisme nécessaire pour porter sur leurs épaules la trame narrative d'un long métrage. Quand on y pense, d'ailleurs, on voit dans Le colis tous les éléments nécessaires pour un bon court métrage punché, rythmé, drôle (il y a bien un ou deux rires francs pendant le film)... étirés ici inutilement en un long métrage de 105 minutes.

La démonstration est ici affreusement appuyée : « J'ai changé », dit l'un, après qu'on eût fait la démonstration qu'avoir une belle maison, une belle voiture et une belle femme, ça ne rendait pas nécessairement heureux et que la vraie richesse c'est d'avoir une petite fille qui aime son père (on avait vraiment besoin de la mise au point, vous croyez?). Et le tout se termine au générique avec l'absolution : tout est pardonné, tiens ta récompense, on est donc heureux! Qui est véritablement rassuré par cette équation ultra-simplifiante sur la vie? Plutôt que d'être inspirant, c'est affligeant, désespérant qu'on se contente de lieux aussi communs que ceux-ci.

Et ce qui devait arriver arriva : on s'en fout, du Colis. Peut-être que certains éléments sont réussis (la petite Alice Morel-Michaud n'est pas mauvaise du tout), peut-être que quelques gags fonctionnent, mais, pour ma part, c'est déjà tout oublié. Trop prévisible, trop attendu. Comme si je terminais cette critique en disant que Le colis ne « livre pas la marchandise »... vous seriez déçus, hein?

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Photo Karl Filion

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