Affiche du film  Clash of the Titans
© Warner Bros. Pictures Canada

Le choc des titans

Version en français
v.o.a. : Clash of the Titans
2 avril 2010

Un cadeau de grec

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Bientôt nous serons envahis par des remakes de classiques des années 80, on parle entre autres de Conan the Barbarian, Nightmare on Elm Street, The Karate Kid, et, évidemment, le premier opus de cette série de pastiches; Clash of the Titans, qui en fait ne promet rien d'excessivement pertinent pour ses successeurs. Les créateurs du nouveau film sur les aventures de Persée et de la cité d'Argos semblent avoir été trop nostalgiques. Des effets spéciaux qui, grâce à la technologie du 21e siècle auraient pu être saisissants, sont souvent bâclés ou obsolètes pour le spectateur entraîné à être ébloui. L'intrigue est tout de même bien menée jusqu'à la fin, pas de frivolités ou de verbiages superflus, les personnages s'engagent dans une quête conséquente et ne dérogent pas de cette ligne directrice pour des amourettes secondaires ou des affrontements impertinents - un piège dans lequel trop de films d'aventures basculent.

Persée est un demi-dieu qui a été récupéré un jour en mer par un pêcheur. Élevé comme un homme, il craint le moment où il devra affronter son destin parmi les dieux. Le jour où sa famille humaine est tuée par Hadès, le maître des enfers, Persée se promet de venger les siens contre les rois de l'Olympe qui lui on enlever impunément ses seuls vrais parents. Il se retrouvera bientôt dans la cité d'Argos, menacée d'être détruite par un monstre sanguinaire, le Kraken. Persée partira donc avec l'armée de la ville et Io, une femme immortelle qui l'accompagne dans l'ombre depuis l'enfance, pour trouver le moyen d'éliminer la bête et avoir sa vengeance sur les dieux.

Souvent à l'image du théâtre classique ou des tragédies grecques, le film s'emballe régulièrement dans des envolées littéraires, peut-être laborieuses, mais toujours pertinentes. Un discours sur l'égocentrisme des hommes, sur leur tendance à ne voir que leur bien-être, est bien amorcé, mais s'éteint rapidement dans échauffourées légendaires. Un esprit de dérision, de sarcasme envers leur propre mythologie, donne lieu à des moments cocasses et modère certaines séquences d'action. Qu'un demi-dieu sermonne ses confrères sur les dangers que représentent Méduse est une chose, mais qu'il ajoute : « Ne regardez pas cette salope dans les yeux », en est une tout autre.

Les effets spéciaux, bien qu'ils aient été améliorés depuis l'époque du stop-motion, restent de pauvre calibre face aux super-productions hollywoodiennes qui bombardent nos écrans de nouvelles technologies (Avatar) et d'images de synthèse de qualité supérieure (Le seigneur des anneaux). Le pire simulacre est sans contre dit cette imparfaite représentation de l'Olympe ornée d'une brillance artificielle et d'une transparence discordante. La voix électronique, machinale, que l'on a affublée à Hadès est également absurde, le dieu, qui devrait nous effrayer - ou du moins nous être apathique - devient soudainement saugrenu et loufoque. Quelques personnages sont par contre extrêmement bien représentés, le cheval ailé Pégase avec ses couleurs cendres et la Méduse décorée par une crinière et un corps de serpents sont foisonnants de divinités.

Clash of the Titans, version 2010, peut facilement être classé dans la catégorie « divertissement sans conséquence ni audace », vous allez probablement passer un bon moment, mais la problématique, et même l'intrigue, sera bien vite oubliée. Ce dont on se souviendra le plus c'est probablement de l'abus impardonnable d'autobronzant de Sam Worthington - une couche c'est suffisant Sam!

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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